Ryanair va réduire ses capacités en Belgique en réaction à une taxe jugée «absurde»
La compagnie aérienne irlandaise low-cost a annoncé retirer cinq de ses avions à l’aéroport de Charleroi, en réponse au relèvement d’une taxe sur le transport aérien à compter de janvier prochain.
La compagnie Ryanair a annoncé mercredi réduire la voilure en Belgique, et supprimer notamment cinq avions de son «hub» de Charleroi, en réponse au relèvement, qu'elle juge «absurde», d'une taxe sur le transport aérien à compter de janvier prochain. Le transporteur irlandais à bas coût met ainsi à exécution des menaces qu'il brandissait depuis plusieurs mois, et qui concernent ses activités en Belgique à compter de fin 2026. En janvier, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, son patron Michael O'Leary s'en était pris avec virulence à «la stupidité» du gouvernement belge, accusé d'augmenter des taxes voire d'en imposer de nouvelles, au moment où d'autres pays européens choisissaient au contraire de soutenir la croissance du secteur en les abolissant.
Dans le collimateur de Ryanair figure notamment une taxe fédérale de 7 euros pour chaque embarquement depuis le sol belge sur un vol d'une distance de 500 à 3500 km, un dispositif qui doit s'appliquer à compter du 1er janvier 2027. La compagnie fustige «un bond de 250%» de cette taxe en l'espace de deux ans. Par conséquent, «Ryanair va désormais retirer cinq avions de notre base de Charleroi (sur une vingtaine au total, NDLR) et deux millions de sièges de nos programmes de vols au départ de Charleroi et Zaventem pour l'hiver 2026 et l'été 2027».
«Nous avions averti le premier ministre De Wever que l'augmentation de la taxe aérienne en Belgique entraînerait une réduction du trafic, mais il n'a pas écouté», poursuit la compagnie. Une taxe de 7 euros par passager La taxe en question a toutefois été relevée à sept euros par passager, contre cinq actuellement, alors qu'il était question initialement de la doubler, pour la faire passer à 10 euros. La coalition au pouvoir en Belgique, dirigée par le conservateur flamand Bart De Wever, venait tout juste de s'entendre sur ce compromis qui semblait plutôt de nature à satisfaire le secteur aérien.
Samedi dernier, quelques heures après l'annonce de ce relèvement limité, l'aéroport de Charleroi, qui est l'une des principales plateformes de Ryanair sur le continent européen, avait remercié le gouvernement belge d'avoir «pris en considération les préoccupations exprimées par le secteur». La société exploitant cet aéroport a dit mercredi «regretter» la décision de Ryanair. Les discussions vont se poursuivre avec la compagnie afin de «limiter au maximum l'impact pour les voyageurs et les travailleurs», a-t-elle ajouté.