Prix des carburants : Le gazole repasse sous les 2 euros, une baisse fragile après des semaines de tension
Le prix du gazole passe de nouveau sous la barre symbolique des 2 euros le litre. Une accalmie relative après une flambée liée au conflit au Moyen-Orient, mais les prix restent élevés
Le gazole, carburant le plus consommé par les Français, est repassé vendredi sous les 2 euros le litre. Selon les chiffres publiés lundi par la direction générale de l’Énergie et du Climat, le litre s’affiche désormais à 1,995 euro en moyenne. Une première depuis début mars, juste après le déclenchement de la guerre au Moyen‑Orient.
Dans le détail, le prix a reculé de près de 2 centimes en une semaine, passant de 2,014 euros à 1,995 euros le litre le 12 juin. Une baisse modeste, mais symbolique. Car depuis plusieurs mois, le seuil des 2 euros s’était imposé comme un marqueur fort pour les automobilistes, sur fond de tensions géopolitiques et de volatilité des marchés pétroliers.
Un répit… mais la facture reste lourde Cette accalmie reste toutefois relative. Selon un autre calcul réalisé par l’AFP à partir de données issues de 9. 578 stations, le prix moyen dépassait encore légèrement cette barre lundi, à 2,010 euros le litre.
Autrement dit, la baisse est réelle, mais fragile, et dépend encore fortement des fluctuations du marché. Car sur la durée, la tendance reste clairement à la hausse. Depuis le 27 février, veille des premières frappes israélo‑américaines sur l’Iran, le gazole a bondi de 29 centimes par litre en France.
Une augmentation de 16 %, qui continue de peser lourd sur le budget des ménages et des professionnels dépendants de leur véhicule. Le pic, lui, remonte à avril. À ce moment‑là, le litre de gazole avait atteint 2,239 euros.
Depuis le 1er juin, il s’établit en moyenne autour de 2,005 euros, signe que la décrue reste progressive et encore incertaine. Le gouvernement sous pression Face à cette situation, l’exécutif tente de rassurer. Sébastien Lecornu a assuré lundi sur le réseau social X que les aides annoncées seraient bien versées « comme convenu », malgré la perspective d’une baisse des cours du pétrole après un accord entre les États‑Unis et l’Iran.
De son côté, le Premier ministre a martelé que le gouvernement resterait « vigilant » sur l’évolution des prix à la pompe. Un message clair : si les cours du pétrole reculent, la baisse doit être visible pour les consommateurs. Une attente forte dans un contexte de tension sur le pouvoir d’achat.
Car la crise énergétique a déjà coûté cher. Face aux conséquences économiques de la flambée des carburants, le gouvernement a dégainé un plan de soutien de 710 millions d’euros. Objectif : aider les secteurs les plus touchés, notamment les transports et certaines activités professionnelles.
Cette enveloppe vise à amortir le choc d’une hausse brutale des prix, qui a « percuté de plein fouet l’activité économique ». Mais elle illustre aussi la dépendance persistante aux variations du pétrole. Et rappelle qu’un simple passage sous les 2 euros ne suffit pas à tourner la page.