Les prix du pétrole chutent avec l'annonce d'un accord entre Washington et Téhéran

Les cours du brut ont nettement reculé lundi, entraînés par l'annonce d'un accord de paix entre Washington et Téhéran, qui laisse entrevoir un retour à la normale des flux pétroliers dans le détroit d'Ormuz. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a perdu 4,76%, à 83,17 dollars. Il a touché en séance un plus bas à 82,40 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, s'est replié de 4,87% à 80,75 dollars, peu après être tombé sous la barre des 80 dollars pour la première fois depuis mi-mars. «L'optimisme du marché pétrolier quant à la conclusion d'un accord s'est avéré justifié», résume Gregory Brew, analyste chez Eurasia Group. Iran et États-Unis sont convenus dimanche de mettre fin à près de quatre mois de guerre.
Peu de détails ont été officiellement publiés, mais Donald Trump a déclaré lundi que le détroit d'Ormuz, artère essentielle pour le commerce mondial de pétrole brut, serait «complètement ouvert» vendredi, jour prévu de la cérémonie de signature de l'accord à Genève. «Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!
» s'est félicité le président américain sur son réseau Truth Social. Près d'un cinquième du pétrole mondial transitait par le détroit d'Ormuz avant le début du conflit. «Malgré cet optimisme, la réouverture du détroit devrait être un processus de longue haleine», prévient Gregory Brew.
«Les opérations de déminage et de rétablissement de la sécurité ne devant véritablement débuter qu'après la signature officielle de l'accord. » En outre, «les stocks doivent maintenant être reconstitués, de nouvelles réserves stratégiques pourraient devoir être formées, et il existe une demande différée», explique Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management. Aux États-Unis, les stocks stratégiques de pétrole brut ont d'ailleurs chuté à leur plus bas niveau en plus de quarante ans, selon un document du ministère de l'Énergie consulté lundi par l'AFP, conséquence de la stratégie du gouvernement pour amortir la hausse des prix.
Au 12 juin, la réserve stratégique américaine (SPR) ne comptait plus que 340,3 millions de barils, un seuil inédit depuis juillet 1983. Fin février, elle s'établissait à 415 millions.