Les métiers du transport public ont besoin de 100.000 recrues d'ici à 2030 mais le secteur est tout en bas des envies de carrière des jeunes
La filière s'échine depuis des années à mieux faire valoir ses atouts pour séduire. Mais les résultats peinent à se concrétiser.
Conducteurs de car, de bus, de train mais aussi métiers techniques... Les transports publics et ferroviaires font régulièrement parler d'eux pour évoquer leurs problèmes de recrutements, faisant même état d'une pénurie. Et les chiffres leur donnent raison puisque le secteur doit recruter 100.
000 professionnels à horizon 2030, notamment à cause de nombreux départs à la retraite. Mais malgré ses efforts, la filière peine à séduire, notamment les jeunes. Cette désaffection s'illustre dans une étude* menée par Norstat pour l’UTPF (Union des Transports Publics et Ferroviaires) auprès des jeunes de 12 à 18 ans, sur leur perception des métiers du transport, leurs choix d’orientation et leur connaissance des opportunités professionnelles du secteur.
Même si cette population identifie certains atouts de ces métiers comme leur utilité ou la stabilité de l'emploi (à 89%), les transports publics urbains et ferroviaires arrivent derniers parmi les douze secteurs testés dans les envies de carrière des jeunes (à 12-13%). Le secteur arrive derrière le numérique (43%), l’hôtellerie-restauration (22%) ou même le bâtiment (19%). Les métiers techniques peu connus Certains métiers très connus séduisent peu, comme celui de conducteurs de train connu à 90% mais qui n'attire que 34% des sondés de 12 à 18 ans.
Un chiffre assez bas quand on le compare aux résultats des campagnes de recrutement de la SNCF qui font pourtant le plein avec des dizaines de milliers de candidatures. "Nous n'avons aucun mal à recruter", expliquait l'an passé SNCF Voyageurs, "nous recevons 250. 000 candidatures par an, soit 50 CV par poste".
Autre enseignement, plus les transports font partie du quotidien, plus les jeunes s’y projettent. Ainsi, 22% des jeunes qui utilisent les transports tous les jours ou presque envisagent une carrière dans le secteur contre 2% de ceux qui ne les utilisent jamais. La filière s'échine depuis des années à mieux faire valoir ses atouts pour séduire.
A grands coups de campagnes de communication, de visites dans les collèges, de sites Internet, de visites itinérantes, elle tente de mettre en avant ses atouts et d'expliquer que ses métiers ne se résument pas seulement à la conduite. Avec des résultats assez mitigés puisque "les métiers visibles comme conducteur, contrôleur ou agent d'accueil sont connus par 85 à 93% des jeunes, quand les métiers techniques, d'ingénierie, de régulation ou du numérique tombent à 47-62% de notoriété". D'ailleurs, "après avoir découvert davantage la diversité des professions qui le composent, ils sont 28% (à envisager ces métiers)", peut-on lire.
"Un résultat qui montre tout le potentiel d’un secteur dont les métiers gagnent à être mieux connus et incarnés". "C’est probablement l’enseignement le plus fort de l’étude. Cela montre que la connaissance est un majeur d’attractivité.
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- BFM Business30 oct., 12:23
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