ÉDITO. Il les tenait à distance depuis son arrivée à l'Élysée en 2017: face à la forte mobilisation sociale, Emmanuel Macron redécouvre l’utilité des syndicats
Après trois samedis consécutifs de mobilisation contre la vie chère, le gouvernement a prévu de répondre très vite à la contestation inter-syndicale de ce jeudi. Une première depuis le début du second quinquennat du…
C’est sans doute Laurent Nunez qui a le mieux résumé la journée de mobilisation qui s’annonce : une journée "sensible". Lui parle bien sûr du point de vue des forces de l’ordre et promet un dispositif policier "robuste". C’est aussi une journée particulièrement "sensible pour l’ensemble de l’exécutif.
Un appel à la grève générale pour les salaires, ce n’est jamais anodin. Des manifestations où l’on attend jusqu’à 700. 000 personnes hors de Paris et jusqu’à 80.
000 manifestants dans la capitale, ce n’est pas anodin non plus, surtout quand elles rassemblent salariés du privé, du public et retraités mais aussi les lycéens et étudiants mobilisés depuis des semaines. Mais un appel à la grève générale dans un contexte si éruptif, à 164 jours du premier tour de la présidentielle, cela mérite d’être surveillé de très près. Même si, après trois samedis consécutifs de mobilisation contre la vie chère, épousant les codes des gilets jaunes, on revient à une contestation inter-syndicale plus classique et donc mieux sécurisée par les organisations elles-mêmes.
Preuve que l’exécutif prend le sujet très au sérieux, il va répondre vite, très vite aux manifestants. Et c’est une première depuis le début du second quinquennat d’Emmanuel Macron, marqué par la réforme des retraites Borne contestée, l’on s’en souvient, dans la rue. Le gouvernement Lecornu l’avait finalement suspendue, mais uniquement pour éviter la censure des députés socialistes.
Amortisseurs sociaux Jean-Pierre Farandou, ministre des Affaires sociales l’a assuré mardi à l’Assemblée, il va faire des annonces rapidement pour répondre aux revendications sur les salaires. Il est notamment question d’une augmentation du Smic et des minimas dans les branches rémunérées sous le Smic. La CFDT écoutera attentivement ces propositions, alors que le premier syndicat français réclame désormais une augmentation de 100 euros net du salaire minimum.
On le voit, on assiste à une amorce de retour à un dialogue social à l’ancienne. Le grand retour des corps intermédiaires ne peut être qu’une bonne nouvelle. Dans ce climat ultra-tendu même si, évidemment, c’est un sacré revirement de la part d’Emmanuel Macron.
Souvenez-vous, le président de la République avait débuté son premier quinquennat en tenant bien à distance les syndicats qu’il voulait cantonner dans des négociations de branche. Il voulait tourner la page de la co-gestion avec la CFDT qu’il avait observée quand François Hollande était à l’Élysée. Quitte à se priver de précieux amortisseurs sociaux.
François Bayrou s’était à nouveau tourné vers eux au moment du conclave sur les retraites… en vain. Ce retour vers les syndicats, s’il arrive à stopper la contestation sociale, clôturerait un cycle, celui d’un macronisme qui s’était éloigné des rives de la démocratie sociale, pour mieux être forcé d’y retourner, près de dix ans après. Redécouvrant que dans l’expression partenaires sociaux, il y a "partenaires".
Pas encore recoupée
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- BFM Business5 nov., 13:02
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