Retraites : Édouard Philippe assume vouloir faire «travailler plus longtemps» les Français
Interrogé sur France 2, le président d’Horizons a confirmé qu’un nouveau recul de l’âge de départ sera, selon lui, inévitable. Il défend aussi l’introduction d’une dose de capitalisation.

À un an de la présidentielle, le sujet est explosif. Sur le plateau de France 2 ce mardi soir, le président d’Horizons Édouard Philippe n’a pas esquivé la question qui fâche : celle de l’âge de départ à la retraite. Un dossier miné, où chaque mot compte, alors que le candidat centriste peaufine sa stature présidentielle et cherche à se démarquer sans effrayer l’électorat.
Léa Salamé n’a pas manqué l’occasion de le mettre face au mur : «Moi je me souviens de l’Édouard Philippe qui, il y a quatre ou cinq ans, disait la phrase suivante : la seule solution raisonnable est de repousser l’âge de départ à la retraite à 65, 66, 67 ans», lui rappelle la présentatrice, avant d’ajouter : «Vous, vous pensez quoi sur les retraites ? » L’ancien locataire de Matignon n’a pas renié ses propos. «Je vous confirme que si nous voulons nous en sortir, nous allons devoir faire comme tous les autres pays d’Europe.
Nous allons devoir travailler un peu plus longtemps», a-t-il martelé. Mais l’ancien premier ministre a pris soin de nuancer sa position en évoquant l’enjeu de la pénibilité. «Faisons une différence entre la nature du travail», a-t-il glissé.
Concédant, devant la présentatrice, que le métier de journaliste représentait «beaucoup de travail», il a rappelé que son activité n’avait «pas la même nature» que celle «qui remplit des boîtes de conserve avec des filets de sardines toute la journée en Bretagne», un métier qu’il juge «infiniment plus difficile». L’allongement de la durée de travail devrait donc se faire au cas par cas. «Permettre à nos enfants de vivre mieux que nous» Second pilier de son programme, présenté dans la foulée : la mise en place d’un système de capitalisation, qui permettrait selon lui à «tous les Français de bénéficier de la valorisation du capital» et de «participer progressivement au financement de nos retraites».
Une piste régulièrement évoquée à droite et au centre, mais qui suscite toujours la méfiance d’une partie de la gauche, inquiète d’une remise en cause du système par répartition. «Ce que je vous dis là, ce n’est pas une fascination pour le travailler plus», s’est défendu Édouard Philippe. C’est «le constat que vous connaissez et que tous ceux qui sont pleins de bon sens en France connaissent», à savoir : «notre démographie ne nous permet pas de continuer comme ça.
» Il faut dire que le dernier rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR) est formel sur ce point : dans les conditions démographiques actuelles, le déficit du système des retraites représentera 0,2 point de PIB en 2030, soit 6,8 milliards d’euros. En 2070, ce déficit pourrait même être multiplié par douze. «Nous devons donc nous adapter et travailler, oui c’est vrai, un peu plus longtemps.
Plus nombreux chez les jeunes, plus nombreux chez les séniors, et un peu plus longtemps», a-t-il averti, plaidant pour un effort partagé. Au nom, selon lui, des générations futures : «pour permettre à nos enfants de vivre mieux que nous. » Une prise de position qui ne manquera pas de relancer le débat sur les retraites, brûlant depuis 2023, à l’aube d’une campagne présidentielle où chaque candidat devra se positionner clairement sur cette question.