Ils ont payé jusqu'à 100 dollars de plus pour avoir un hublot dans l'avion… mais se sont retrouvés face à un mur: la compagnie Delta va devoir s'expliquer devant la justice
Delta et United Airlines sont accusées d'imposer sciemment des frais supplémentaires pour des sièges avec hublot qui ne le sont pas. Les plaignants qui ont lancé une action collective réclament des millions de dollars.
L'affaire des vrais-faux sièges avec hublot sera bien jugée. Un juge fédéral a rejeté la demande de Delta Air Lines visant au rejet d'une action en justice intentée par des passagers qui affirmaient avoir payé un supplément pour occuper des sièges côté hublot, mais s’être retrouvés assis à côté de parois aveugles. Le juge fédéral de district Ramon Reyes, à Brooklyn, a estimé mercredi qu'il existait un litige raisonnable quant à savoir si le contrat de transport de Delta, qui stipule que la compagnie "ne propose pas de billets ni de contrats garantissant des sièges particuliers à ses clients", obligeait Delta à fournir des sièges côté hublot aux passagers qui les avaient payés.
Le juge ne s’est pas prononcé sur le fond de l’affaire. En juillet, un autre juge fédéral de San Francisco avait rejeté la demande d’United Airlines visant au rejet d'une action en justice similaire. Les deux actions en justice réclament des millions de dollars de dommages-intérêts, pour plus d’un million de passagers par compagnie aérienne.
Delta a refusé de commenter jeudi, affirmant ne pas s’exprimer sur les litiges en cours. Casey Olbrantz, l’avocat des quatre plaignants contre Delta, a qualifié cette décision de "précédent important établissant que, malgré la déréglementation fédérale, les passagers peuvent toujours demander des comptes aux compagnies aériennes lorsqu’ils n’obtiennent pas ce pour quoi ils ont payé". Une option qui coûte 50 à 100 dollars Selon les plaignants, les passagers achètent généralement des sièges côté hublot pour pallier leur peur de l’avion et le mal des transports, occuper leurs enfants, bénéficier de plus de lumière ou profiter de la vue.
Ils ont affirmé que l’absence de hublots à côté de leurs sièges n’avait pas été signalée lors de la réservation. Ils estiment que les deux opérateurs imposent sciemment des frais supplémentaires pour ces sièges avec hublot qui ne le sont pas. Et le montant de l'option n'est pas anodin: 70 dollars chez Delta et 50 à 100 dollars chez United.
Comme le relate le New York Times, chaque transporteur est accusé d'avoir vendu plus d'un million de sièges comme celui-là. "Nous cherchons à tenir United et Delta responsables d'avoir facturé des suppléments à leurs clients pour des produits qu'ils n'ont pas fournis et d'avoir déformé la nature des produits qu'ils ont fournis", explique au quotidien américain, Carter Greenbaum, avocat dans le cabinet en charge de ces plaintes. Delta estime de son côté que la nature même des opérations aériennes, notamment la nécessité périodique de remplacer des avions par d’autres présentant une disposition différente des sièges, la dispensait de garantir l’attribution des sièges.
Ces sièges côté hublot mais sans hublot sont présents dans certains Boeing 737, Boeing 757 et Airbus A321. On trouve "au moins" un de ces sièges aveugles dans ces appareils généralement en raison de l'emplacement des conduits de climatisation ou de composants électriques.
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- BFM Business5 nov., 17:38
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