« Nous souhaitons désormais passer à l’étape suivante. Aux côtés d’Evonik. » Le p-dg de BASF, Markus Kamieth, réaffirme la volonté de son groupe d’entamer les négociations autour du projet de fusion
Le directeur général de BASF, Markus Kamieth, a confirmé hier sa volonté de franchir l’étape suivante dans le projet de fusion avec Evonik, un acteur majeur du secteur chimique. Dans une conférence de presse tenue à Düsseldorf, il a précisé que le groupe serait prêt à entamer des négociations formelles dès que les conditions préalables, telles que l’obtention de l’accord des autorités de concurrence, seraient réunies. Cet engagement souligne l’intérêt stratégique d’une alliance qui, selon les experts, pourrait consolider les positions de l’union dans les segments de base chimique et de spécialisation.
Le projet de fusion s’inscrit dans une logique de rationalisation et de renforcement compétitif initiée par le conseil d’administration de BASF. Le groupe a déjà dialogué avec Evonik sur la création d’unités communes, notamment dans les domaines de la haute performance, de la bioplastique et des solutions industrielles. Unilatéralement, Evonik a exprimé son ouverture aux négociations, ce qui permet aux deux sociétés de passer d’un stade de faisabilité à celui de planification détaillée.
Les enjeux de ce rapprochement sont multiples. Sur le plan financier, la consolidation pourrait créer un acteur chimique d’une taille comparable à la plus grande entreprise du secteur, avec des économies d’échelle estimées à plusieurs milliards d’euros. Sur le plan technologique, la fusion favoriserait l’échange de savoirs et de capacités de R&D, en particulier dans les biotechnologies et les compositions personnalisées qui gagnent en importance dans les industries pharmaceutiques, automobiles et agroalimentaires.
Du point de vue réglementaire, le projet sera soumis à une analyse approfondie par les autorités de l’Union européenne, et potentiellement par les autorités nationales de plusieurs grands marchés, dont les États-Unis et la Chine. Les défis consisteront à démontrer que la fusion ne sape pas la concurrence et qu’elle ne crée pas un monopole sur les matières premières ou les technologies clés. Les négociations doivent également tenir compte de la possibilité de conditions de désinvestissement si la concurrence est jugée menacée.
Les spectateurs du marché devront surveiller plusieurs éléments clés. Premièrement, la réaction des actionnaires des deux sociétés et la manière dont ils pourraient influencer la décision de procéder à la fusion. Deuxièmement, la ligne directrice des autorités de concurrence, qui pourrait imposer des clauses de conformité ou des cessions de parts de marché. Enfin, la phase de due diligence, qui permettra d’évaluer les synergies réelles et d’ajuster les modalités de la fusion en fonction des résultats.
À court terme, BASF et Evonik devront présenter une feuille de route détaillée qui inclut les étapes de négociation, les délais pour les approbations et les bénéfices attendus. Une décision de poursuivre le projet pourrait entraîner un regain d’activité dans les segments de produits où l’écart de capacité et d’investissement est critique. À long terme, la réussite de cette fusion pourrait redéfinir la hiérarchie mondiale des chimistes, en créant une concurrence plus rigoureuse face aux leaders asiatiques et aux entreprises spécialisées émergentes.
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- L'Usine Nouvelle26 oct., 11:07
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