La Poste mise encore plus sur les colis pour relancer sa croissance
Pour doper son chiffre d’affaires d'ici à cinq ans, La Poste compte sur les colis et les produits d’assurances et envisage la fermeture de bureaux
Face à l’effondrement des lettres traditionnelles, La Poste veut toujours croire qu’elle a de nombreuses autres voies pour relancer sa croissance. Alors que des députés appellent à une nouvelle loi postale pour garantir la pérennité du groupe public, celui-ci a dévoilé mercredi son plan stratégique à horizon 2031. Et ce plan peut se résumer ainsi : faire plus de colis et d’assurances, avec dans le même temps moins de courriers voire de bureaux.
La Poste entend « franchir une nouvelle étape » en misant sur ses points forts pour atteindre 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2031. Un objectif de 18 % de croissance en cinq ans « On a en sous le pied », a assuré à une poignée de journalistes la PDG Marie-Ange Debon, en dévoilant le plan « Réussir ensemble - Ambitions 2031 » présenté la veille au conseil d’administration. Détenue à 66 % par la Caisse des Dépôts et à 34 % par l’Etat, La Poste a réalisé un chiffre d’affaires de 34 milliards d’euros en 2025 (dont l’activité colis a représenté 54 % contre 15 % pour le courrier), dans la lignée des deux années précédentes, a rappelé la PDG en poste depuis fin 2025.
Pour atteindre cet objectif de 18 % de croissance en cinq ans, le groupe public entend « conforter sa position de leader du colis et de la logistique souveraine en France et en Europe, en devenant le numéro 2 européen de la livraison hors domicile ». La Poste, actuellement troisième sur ce secteur, derrière le polonais InPost et l’allemand DHL, entend notamment passer de 150. 000 points de retrait à 190.
000, et de 2,7 milliards à 3,6 milliards de colis livrés dans le monde. Le groupe souhaite aussi renforcer son modèle de « bancassurance » (22 % de son chiffre d’affaires). Selon Marie-Ange Debon, le groupe perd chaque année « 500 millions d’euros de chiffre d’affaires », du fait de la chute des volumes de courrier, « passés de 18 milliards de plis en 2008 à 5 milliards en 2025 », et qui devraient encore chuter à « 3 milliards en 2031 ».
« La viabilité de l’entreprise » en jeu D’après un rapport présenté également mercredi à l’Assemblée nationale, les missions de service public de La Poste (service universel postal, distribution de la presse, contribution à l’aménagement du territoire et accessibilité bancaire) « font toutes l’objet d’une sous-compensation croissante par l’État qui conduit à un déficit global de plus d’un milliard d’euros ». « A moyen terme, c’est la viabilité de l’entreprise qui pourrait être remise en cause », avertissent ses auteurs, les députés Jacques Oberti (PS) et Jean-René Cazeneuve (EPR). Dans ce contexte, La Poste entend passer « d’une logique de présence systématique, souvent sous-utilisée, à une logique de service postal utile à la population ».
« On a 6. 500 bureaux de poste », le groupe a dû en fermer « environ 200 par an » sur les trois dernières années, rappelle Marie-Ange Debon. Le sujet de ces fermetures reste toutefois particulièrement sensible.