Gabriel Attal promet 100.000 départs volontaires de fonctionnaires et l'«impunité budgétaire zéro» en cas de victoire en 2027
Il ne s’agit pas d’«austérité» mais d’être «rigoureux et sérieux», assure le candidat Renaissance, qui cherche à se distinguer de son concurrent du bloc central Édouard Philippe.
C’est un sujet sur lequel aucun candidat à la présidentielle ne pourra faire l’impasse. Gabriel Attal promet, en cas d'accession à l'Élysée, un plan pour ramener les finances publiques à l'équilibre en dix ans, avec des départs volontaires de fonctionnaires pour supprimer 100. 000 postes et une «impunité zéro» pour les ministres responsables de dérapages budgétaires.
Dans un entretien au Parisien publié jeudi soir, le candidat à la présidentielle du parti macroniste Renaissance détaille ses propositions en la matière deux jours après son concurrent du bloc central Édouard Philippe dans Les Échos. Les deux ex-premiers ministres d'Emmanuel Macron interviendront ensuite aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence. Alors qu'Édouard Philippe dit vouloir ramener le déficit public à 2% du PIB à la fin du quinquennat en 2032, contre 5% actuellement, Gabriel Attal vise «3% avant 2032», soit potentiellement plus tard que les engagements européens de la France.
Mais pour «convaincre la Commission européenne que c'est la bonne voie», il propose de fixer d'emblée, dans une «loi de programmation économique et fiscale sur dix ans», un «cap» de «0% du PIB en deux quinquennats, donc en 2037» - soumis toutefois au verdict des urnes au terme du premier. Année blanche Pour faire entre 120 et 150 milliards d'euros d'économies, sans hausse d'impôts, Gabriel Attal dit vouloir viser pour «deux tiers» dans «les dépenses sociales», qui selon lui sont «hors de contrôle et pèsent trop sur ceux qui travaillent». «Pour mon premier budget 2028, il faudra faire une année blanche sur l'ensemble des prestations sociales, en épargnant toutefois les petites retraites», mais aussi «faire très vite des réformes de structure» (retraites, arrêts maladie, assurance-chômage), plaide-t-il.
Mais alors qu'il accuse sans le nommer Édouard Philippe de faire campagne en promettant «du sang et des larmes», le candidat Renaissance assure que de son côté «il ne s'agit pas d'austérité mais d'être rigoureux et sérieux». Côté fonction publique, il propose «le non-remplacement de certains départs à la retraite» et «un plan de départs volontaires» visant «100. 000 postes supprimés» - tout en préservant certains ministères (Éducation, Armées, Justice et Intérieur).
Comme Édouard Philippe, son successeur à Matignon se dit favorable à un référendum en début de quinquennat pour une «règle d'or» d'équilibre budgétaire, précisant vouloir l'instaurer en sept ans. Il l'assortirait, lui, d'une «impunité zéro pour ceux qui gèrent notre budget»: «les ministres et directeurs d'administration centrale qui n'auront pas tenu leur budget devront quitter leur fonction» et «si la trajectoire n'est pas respectée pendant trois ans sans qu'une crise ne le justifie, c'est le Premier ministre et le gouvernement qui devront démissionner». Gabriel Attal prône enfin «un big bang» de l'organisation territoriale, promettant de dévoiler à la rentrée «une carte de France avec des nouvelles collectivités uniques», et de faire du maire «l'élu le plus puissant de France».