Le yen porté par des informations de presse pointant vers des hausses plus rapides

Le yen remonte mercredi, soutenu par des informations de presse selon lesquelles les responsables de la Banque du Japon (BoJ) seraient disposés à relever les taux d'intérêt à un rythme plus rapide que celui escompté par les économistes. Après avoir touché mardi un nouveau plus bas depuis plus de 40 ans à 163,24 yens pour un dollar, la monnaie japonaise reprenait 0,83% au billet vert vers 09H55 GMT (11H55 heure de Paris), à 163,04 yens pour un dollar. La banque centrale japonaise, qui a déjà relevé son taux directeur en juin à 1%, devrait le laisser inchangé lors de sa prochaine réunion fin juillet.
Face à la remontée de l'inflation vers l'objectif de 2%, la banque centrale pourrait rehausser ses taux à un rythme plus rapide qu'attendu. Le consensus des économistes anticipe une hausse tous les six mois environ, mais Bloomberg, citant des sources proches du dossier, rapporte mercredi qu'un resserrement plus rapide est envisagé. Mais si ces informations «ont permis au yen de se raffermir brièvement», il devrait rester pénalisé «à moins que la BoJ n'envoie un signal politique plus ferme», estime Stephen Innes, analyste chez SPI AM.
La devise japonaise demeure en effet plombée par l'écart entre les taux de la BoJ, toujours bas, et ceux de la Réserve fédérale (Fed), qui devraient continuer de monter à en croire les analystes avec la reprise des hostilités au Moyen-Orient et une économie américaine en bonne forme. Cette disparité de rendements encourage le «carry trade», un mécanisme qui consiste à emprunter dans une devise dont la banque centrale pratique des taux bas, pour placer ses fonds dans une monnaie aux rendements plus élevés, ce qui plombe la première pour renforcer la seconde. La devise britannique pour sa part refluait tout juste de 0,04%, à 1,3369 dollar pour une livre, marquant une pause après deux jours de forte baisse suivant l'arrivée du nouveau Premier ministre travailliste Andrew Burnham.
Si le marché s'était enthousiasmé la semaine dernière de la volonté de M. Burnham respecter les règles budgétaires, il s'est inquiété de ses premières mesures économiques comme la suppression de la TVA sur l'électricité, qui soulève des interrogations sur son financement. «Les inquiétudes concernant la soutenabilité à long terme de la dette britannique sont de nouveau au premier plan», résume Thu Lan Nguyen, analyste chez Commerzbank.
En attendant, l'inflation au Royaume-Uni a reculé mercredi à 2,6% en juin, notamment grâce à une baisse des prix des carburants, un soulagement cependant probablement temporaire.