Un accord de 7,35 milliards de dollars: l'industriel américain 3M s'engage à dédommager plus de 100.000 plaignants victimes de contamination aux PFAS, les "polluants éternels"
L'industriel américain 3M, qui fabrique de la mousse anti-incendie, s'est engagé à verser 7,35 milliards de dollars de dédommagements à plus de 100.000 plaignants victimes de contamination présumée aux PFAS, ces…
Le conglomérat industriel américain 3M s'est engagé à verser 7,35 milliards de dollars, sur une période de 9 ans, pour indemniser des dommages corporels liés aux molécules chimiques perfluorées (PFAS, aussi appelées "polluants éternels") présents dans la mousse anti-incendie qu'il a fabriquée, a-t-il annoncé mardi 3 octobre. L'accord couvre "environ 99%" des réclamations, selon 3M, dans le cadre d'une action intentée devant un tribunal de Caroline du Sud impliquant plus de 100. 000 plaignants victimes de contamination présumée aux États-Unis.
Dans le détail, cet accord prévoit un premier versement de 50 millions de dollars en 2026 et aucun en 2027. L'industriel étalera ensuite le reste jusqu'à la fin de l'accord, avec un versement de 20% de l'enveloppe lors des deux dernières années, en 2033 et 2034. Cet accord suit un précédent qui avait été approuvé par un tribunal américain en 2024 et prévoyait que 3M verse jusqu'à 12,5 milliards de dollars.
Ces fonds devaient être alloués aux services publics de distribution d'eau pour la dépollution et les tests liés aux PFAS. Des poursuites en Australie et des plaintes en Belgique Dans cette affaire, c'est la mousse à film aqueux (AFFF), utilisée par les pompiers pour éteindre les incendies, qui était particulièrement montrée du doigt. Il s'agit de l'un des produits contenant le plus de per- et polyfluoroalkylées, des substances également très présentes dans la vie courante, que ce soit dans les emballages, les produits cosmétiques ou électroniques, mais aussi les ustensiles de cuisine (car elles résistent à la chaleur).
Elles s'accumulent avec le temps dans l'air, le sol, l'eau des rivières, la nourriture et jusqu'au corps humain et sont très peu dégradables, d'où leur surnom de "polluants éternels". Selon la direction du groupe, l'accord de mardi "ne constitue pas une reconnaissance de responsabilité" de 3M, qui se dit prêt à se défendre en justice. À l’inverse, Michael London, l'un des avocats principaux des plaignants, a félicité un "grand résultat", permettant à des dizaines de milliers de personnes souffrant de cancers et de maladies graves d'obtenir enfin une compensation financière.
3M a fait l'objet de poursuites pour pollution aux PFAS dans plusieurs pays. L'Australie a annoncé en mai des poursuites pour 1,43 milliard de dollars liées à la contamination de bases militaires attribuée aux mousses anti-incendie. Des plaignants en Belgique réclament également environ 35 millions de dollars de dommages et intérêts pour une contamination qu'ils imputent à une usine 3M située à Zwijndrecht.
Le groupe avait annoncé qu'il cesserait de produire des PFAS d'ici fin 2025. Il indique aujourd'hui avoir atteint cet objectif et investir dans des technologies de traitement pour les sites où il fabriquait ces produits chimiques.
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- BFM Business4 nov., 07:10
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