«C’est la plus grande restructuration de l’histoire de Xbox» : Microsoft se sépare de cinq studios et supprime 3200 postes
Microsoft supprime dès aujourd’hui 1600 emplois au sein de sa division jeux vidéo Xbox, et en éliminera 1600 autres d’ici la fin de l’année fiscale.

L’annonce avait fuité dans la presse américaine, mais son étendue était encore mystérieuse. Microsoft a mis fin aux spéculations sur la «remise à zéro» de sa division consacrée aux jeux vidéo, Xbox, en rendant public ce lundi un vaste plan de licenciements. «C’est la plus grande restructuration de l’histoire de Xbox», a commenté la directrice de Xbox, Asha Sharma.
Cette dernière a pris «la difficile décision de supprimer environ 3200 postes d’ici la fin de l’année fiscale», soit 20% des effectifs de Xbox. La moitié de ces licenciements a eu lieu dès ce lundi. «Notre activité ne se porte pas bien», poursuit-elle.
«Nos marges opérationnelles sont 3 à 10 fois moindres que celles des plateformes et des éditeurs comparables. Pour grossir, nous avons parié sur l’abonnement GamePass et sur un vaste porfolio de contenus. Mais rien n’a grandi au rythme que nous espérions.
Pendant ce temps, notre cœur de métier s’est affaibli. Et désormais, l’industrie du jeu vidéo fait face à une crise sérieuse des composants des consoles», c’est-à-dire la flambée des coûts des puces mémoire qui oblige les fabricants à augmenter les prix des machines de jeu. «Nous devons donc remettre à zéro Xbox.
» » LIRE AUSSI - Studios fermés, licenciements, contrats annulés… Microsoft prépare une brutale « remise à zéro » de sa division Xbox Revente de plusieurs studios Comme le voulait également la rumeur, la nouvelle dirigeante de Xbox a décidé de se séparer de cinq studios de développement que son prédécesseur Phil Spencer avait acquis ces dernières années. Mais ces créateurs évitent le game over tant redouté. Les studios Compulsion Games (South of Midnight) et Double Fine (Psychonauts) retrouvent ainsi leur indépendance, et conservent leur catalogue de jeux ainsi que de licences.
«Ils ont également les ressources nécessaires pour financer leurs prochaines productions», souligne Asha Sharma. Ninja Theory (Hellblade) et Undead Labs (State of Decay) sont, eux, revendus à des acteurs encore inconnus. Le sort du français Arkane est, lui, bien plus incertain.
«La direction a débuté le processus d’information-consultation de son comité d’entreprise afin d’examiner les options stratégiques possibles» pour le futur du studio, indique la patronne. Ce studio, derrière la licence Dishonored, travaillait depuis plusieurs années sur un jeu tiré du comics Blade de Marvel. Ce dernier pourrait être annulé.
Économies à tous les étages Les économies touchent aussi les dizaines de studios détenus par Microsoft, avec des licenciements et des «évolutions dans nos investissements afin de nous concentrer sur les projets prioritaires». Néanmoins, «aucun de nos titres déjà annoncés ne sont annulés», précise Asha Sharma. Elle indique par ailleurs que les studios King (Candy Crush) et Mojang (Minecraft) seront désormais directement placés sous son autorité hiérarchique.
Selon la newsletter Game File, la dirigeante nommée en février estime que Microsoft a sous-investi dans Minecraft ces dernières années, notamment si on le compare à un autre phénomène, Roblox. La division Xbox va, quant à elle, se débarrasser de nombreux échelons hiérarchiques. «Il pouvait y avoir jusqu’à 14 couches de validation.
Nous allons passer à 5, voire 3 là où cela sera possible», annonce la dirigeante. Et pour mettre fin aux silos, Xbox nomme Helen Chiang directrice des opérations «avec pour la première fois une responsabilité de bout en bout sur les contenus, le hardware, les services et notre plateforme Xbox. » Cette «remise à zéro» de Xbox est la conséquence de l’insatisfaction du PDG de Microsoft, Satya Nadella.
Devant le micro du New York Times, ce dernier n’avait pas caché le mois dernier son agacement. « Microsoft a beaucoup investi dans le jeu vidéo ces vingt-cinq dernières années. Le problème est que nous n’avons pas monétisé cette activité.
Au contraire, nous l’avons plutôt subventionnée… », lâche-t-il avant de lancer cette pique : « En réalité, nous monétisons mieux nos jeux Xbox sur YouTube que chez Microsoft. » L’Américain fait en effet la course loin derrière ses rivaux japonais Sony et Nintendo.