Retards, effectifs… Le contrôle aérien n’est pas à la hauteur en France, déplore le gouvernement
Selon un rapport du Sénat, la France est la moins performante dans ce domaine en Europe
Peut mieux faire. C’est en l’essence ce qu’a reconnu mercredi le ministre des Transports Philippe Tabarot au sujet du contrôle aérien en France. « On en parle souvent […], du contrôle aérien qui doit se moderniser, qui doit améliorer ses performances au bénéfice de l’ensemble du système aérien », a-t-il déclaré devant le congrès de la Fédération nationale de l’aviation et ses métiers (Fnam) à Paris.
Les ratés de ce contrôle aérien, compétence étatique de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) et de sa Direction des services de la navigation aérienne, sont un grief de longue date des compagnies aériennes. Selon un rapport fin juin de la commission des Finances du Sénat, la France est la moins performante dans ce domaine en Europe. Les sénateurs ont conclu à « 6,6 millions de minutes de retards de vols en 2025, entraînant une perte de 800 millions d’euros pour les compagnies et des désagréments forts pour les passagers ».
Une architecture technique « obsolète » Ils pointent une « allocation trop rigide » des effectifs de contrôleurs, tenant trop peu compte des variations du trafic dans la journée, la semaine et l’année, et « l’obsolescence de l’architecture technique ». « J’ai engagé une vraie réforme en profondeur avec nos équipes, notamment avec les recrutements, une plus grande flexibilité pour renforcer les équipes en période de fort trafic, et puis une transformation de l’organisation du travail. Ce n’est pas une mince affaire », a répondu Philippe Tabarot.
« La situation s’améliore », selon le ministre. « Sur les cinq premiers mois de l’année, les retards ont chuté de 35 % après l’année horribilis de l’an dernier, alors même que le trafic poursuit sa croissance ». En juin 2026, a-t-il ajouté, la France a même battu son record mensuel de trafic aérien contrôlé, traditionnellement établi en juillet ou août.
La France, un pays « moins desservi » Le président de la FNAM, Pascal de Izaguirre, s’était montré auparavant plus sévère dans son discours. En raison d’une fiscalité lourde et d’un contrôle aérien défaillant, « la France est un pays qu’on survole de plus en plus et qu’on dessert malheureusement moins », a-t-il déploré. « Et j’en veux pour preuve un chiffre éloquent : c’est-à-dire que le nombre de vols arrivant et partant de France a diminué depuis 2019.
Entre 2019 et 2025, il a diminué de 2 %, alors que le nombre de survols a augmenté de 15 % », a-t-il détaillé.