Revaloriser le Smic dès maintenant pour « acheter la paix sociale » : pourquoi l'idée du gouvernement suscite déjà l’ire du patronat
Le ministre de l’Économie a affirmé ce samedi 24 octobre qu’une hausse anticipée du smic, avant la revalorisation automatique du 1er janvier, faisait « partie des débats », alors que le pouvoir d’achat s’impose comme…
Le gouvernement va-t-il revaloriser de manière anticipée le smic afin d’« acheter la paix sociale » ? C’est en tout cas ce que craignait le président du Medef, Patrick Martin, s’exprimant vendredi 23 octobre. Dès le lendemain, le ministre de l’Économie venait confirmer, en partie, ses inquiétudes : invité sur franceinfo, Roland Lescure a indiqué que cette hausse anticipée faisait « partie des débats », alors que le pouvoir d’achat est au centre des revendications portées par les manifestants partout en France. « Si l’inflation se poursuit (…) évidemment le smic poursuivra son augmentation. Et sur le calendrier on va évidemment en discuter, ça fait partie des paramètres qu’on doit mettre sur la table avec les partenaires sociaux », a déclaré le locataire de Bercy.
Le smic doit dans tous les cas être revalorisé au 1er janvier 2027 selon l’inflation, comme le prévoit la loi. La rémunération minimale obligatoire dans l’Hexagone est en effet la seule à évoluer mécaniquement avec la hausse des prix : elle avait augmenté le 1er juin de 2,41 %, pour suivre l’inflation, repartie à la hausse en raison de la guerre au Moyen-Orient. Actuellement, le smic horaire brut est à 12,31 euros et le smic mensuel brut (35 heures) à 1 867,02 euros.
« L’échelle des salaires se tasse au niveau du salaire minimum » : les conséquences moins visibles de la hausse du smic
L’exécutif serait toutefois tenté d’anticiper cette revalorisation, de source syndicale. En effet, si les manifestations du week-end dernier ont été globalement calmes après un 17 octobre marqué par des violences et des pillages, le mouvement menace de s’installer dans la durée.
La coordination des gilets jaunes appelle ainsi à des « rassemblements casserolades » ce vendredi soir devant l’Assemblée nationale et les permanences de parlementaires, « pour la défense des libertés publiques », avant une nouvelle journée d’action samedi. Surtout, une journée nationale de grèves et de manifestations est prévue le 5 novembre à l’initiative des principaux syndicats de salariés du public et du privé, à l’exception de la CFE-CGC.
Et justement, la question salariale occupe une place majeure parmi les revendications portées par les organisations syndicales. La CGT demande une augmentation de 10 % du smic, l’indexation des salaires sur les prix, « des moyens pour nos services publics et l’augmentation des salaires des fonctionnaires », a listé sa secrétaire générale, Sophie Binet, la semaine dernière sur RTL.
D'ici au 5 novembre, « il est impératif qu’il y ait des réponses sociales à ces attentes de l’ensemble des travailleurs et des travailleuses qui attendent depuis (…) de nombreuses années », a de son côté insisté la patronne de la CFDT, Marylise Léon, à la sortie d’une réunion infructueuse à Matignon mercredi dernier. Le président de la CFTC Cyril Chabanier avait toutefois noté que l’exécutif avait « ouvert la porte » à « une discussion autour du smic » lors de ce rendez-vous.
Pas encore recoupée
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- Challenges26 oct., 16:45
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