+1% ou +10% sur le Smic? Selon les syndicats, le gouvernement semble prêt à anticiper la revalorisation du salaire minimum, et même à y ajouter un coup de pouce
La revalorisation anticipée du Smic se précise pour le 1er décembre. Le cabinet du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a reçu à tour de rôle les cinq organisations syndicales représentatives et s'est même montré…
Une augmentation du Smic un mois avant l'heure. Voilà ce qui se dessine sur la table des tractations gouvernementales pour faire baisser la fièvre. Depuis vendredi, le cabinet du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou reçoit à tour de rôle les partenaires sociaux.
Il a d'abord rencontré les représentants des cinq organisations syndicales représentatives - CFDT, CGT, CFTC, CFE-CGC et FO - avant d'échanger avec le patronat ce lundi après-midi. La revalorisation anticipée du Smic semble bien envisagée, confirme auprès de BFM Business le président de la CFTC Cyril Chabanier. Normalement, la revalorisation se fait automatiquement au 1er janvier, il est donc question de l'avancer.
"Mais au 1er décembre, car il est trop tard pour l'appliquer en novembre, les salaires sont déjà faits", précise le syndicaliste. Jean-Pierre Farandou aurait d'abord proposé une hausse de 1%, soit près de 15 euros par mois. Sauf que "toutes les organisations syndicales l'ont taclé en hurlant que c'est largement insuffisant", fait valoir Denis Gravouil, membre du bureau confédéral de la CGT.
Vers un coup de pouce Invitée de TF1 vendredi dernier, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a plaidé pour "un vrai électrochoc", réclamant une hausse de 100 euros du Smic net, soit presque 7% d'augmentation. La CGT exige même 10% de revalorisation du salaire minimum. Pour y parvenir, il faudrait cependant que le gouvernement concède un "coup de pouce", qui s'ajouterait à l'augmentation mécanique calculée en fonction de l'inflation (plus précisément, le calcul est fait en fonction de l'augmentation des prix pour les 20% des Français les plus pauvres et du pouvoir d'achat).
En effet, il faut savoir que le montant du salaire minimum est revalorisé chaque année au 1er janvier en fonction de l'inflation. Mais si la hausse des prix est trop forte, il peut être révisé en cours d'année, ce qui a été le cas en juin. Si l'on s'en tient à la stricte revalorisation mécanique au 1er décembre prochain, celle-ci déduira l'augmentation de 2,41% du Smic déjà appliquée au 1er juin, quand le seuil symbolique des 2% d'inflation avait été franchi.
C'est là que les négociations se corsent. Car en l'absence des chiffres de l'inflation du mois d'octobre, ni le gouvernement, ni les partenaires sociaux ne disposent de données actualisées sur lesquelles se fonder précisément pour estimer l'ampleur de la revalorisation mécanique anticipée au 1er décembre, à laquelle le gouvernement pourrait ajouter le fameux "coup de pouce". Pour l'heure, le patronat table sur une revalorisation mécanique de 0,8%, mais les syndicats penchent plutôt pour 1%.
La première estimation de l'inflation du mois d'octobre sera publiée par l'Insee le 30 octobre et devrait permettre d'y voir un peu plus clair. Quant à l'hypothèse d'un coup de pouce, le gouvernement y semble favorable d'après les syndicats. Mais probablement pas dans l'ampleur attendue par la CFDT et la CGT.
Pas encore recoupée
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- BFM Business26 oct., 18:40
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