Finances publiques : « Tous les signaux sont au rouge » en 2026, s’alarme la Cour des comptes
La Cour des comptes a mis en garde face au fardeau de la dette, jugeant les prévisions du gouvernement pour réduire le déficit en 2026 fragilisées par les incertitudes entourant la guerre au Moyen-Orient
Alerte rouge sur l’économie française. La Cour des comptes a dressé jeudi un constat grave des finances publiques françaises et mis en garde face au fardeau de la dette. Ils jugent par ailleurs que les prévisions du gouvernement pour réduire le déficit public en 2026 sont déjà fragilisées par les incertitudes entourant la guerre au Moyen-Orient.
A moins d’un an de l’élection présidentielle et en pleine préparation du budget 2027, la Cour des comptes adresse donc un avertissement sévère et demandé des « mesures fortes ». « On peut dire que tous les signaux sont au rouge », a lancé d’entrée la présidente de la première chambre de l’institution, Carine Camby, à l’occasion de la présentation du rapport à la presse. Les dépenses ont augmenté Si 2025 avait réservé une « bonne surprise » avec une réduction du déficit public un peu plus importante que prévue (5,1 % du PIB, contre 5,4 % escomptés), la Cour relève que « ce résultat est dû exclusivement à des hausses d’impôts et de cotisations sociales » tandis que « les économies sur les dépenses ont été une nouvelle fois repoussées ».
Or les dépenses « ont augmenté plus rapidement que la richesse nationale en 2025 », a détaillé Carine Camby. Et « si nous ne parvenons pas à tenir l’objectif de déficit à 5 % a minima, cela signifierait que la France est incapable de soutenir un effort dans la durée », a-t-elle poursuivi. La cible « modeste » de réduction du déficit retenue par le gouvernement à 5 % du PIB 2026 est « loin d’être acquise », selon les auteurs du rapport.
Les conclusions de ce rapport risquent de peser dans un contexte d’inquiétudes économiques liées à la guerre au Moyen-Orient et avant la réunion prochaine du comité d’alerte des finances publiques. « En dessous des enjeux » La Cour redoute une année 2026 « à risques », notamment en raison de « textes financiers en dessous des enjeux, et dont les objectifs déjà modestes sont compromis ». dégradation de la conjoncture économique, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, menace les « objectifs modestes » que le gouvernement s’était fixés.
Selon ses dernières prévisions en avril, il anticipe toujours une croissance à 0,9 % en 2026, et une inflation à 1,9 %, tandis que le consensus des économistes table plutôt sur une croissance à 0,6 % et une inflation à 2,1 %, d’après le rapport de la Cour. L’objectif de croissance ne sera « vraisemblablement pas atteint », a estimé Carine Camby, et les effets de l’inflation devraient surtout se faire sentir en 2027, avec la revalorisation de certaines prestations sociales pour tenir compte de la hausse des prix. « Inquiétante dynamique de la dette » Quand bien même les prévisions du gouvernement se réalisaient, la dette publique continuerait de s’envoler pour dépasser 3.
620 milliards d’euros, s’établissant à 118,5 % du PIB en 2026, prévoit la Cour des comptes. Cela représentera 160 milliards d’euros de dette supplémentaire pour la seule année 2026. Cela signifie que la France ne parvient pas à ralentir « l’inquiétante dynamique de la dette engagée en 2024 et poursuivie en 2025 », selon Carine Camby.
Surtout, les Sages de la rue Cambon s’inquiètent d’une « augmentation massive » de la charge de la dette, c’est-à-dire du coût de l’endettement, qui devrait croître de 12 milliards d’euros en 2026 pour atteindre 77,4 milliards d’euros. Le choc d’inflation en raison de la guerre au Moyen-Orient contribue à cette hausse à hauteur de quelque 4 milliards d’euros. D’après les prévisions de la Cour, la charge d’intérêt de la dette pourrait atteindre 100 milliards d’euros en 2029, soit 3 % du PIB.