Le leader des cryptos Binance va suspendre ses services dans plusieurs pays de l’UE, dont la France
Binance va suspendre une partie de ses services en Europe dès le 1er juillet, faute d’avoir obtenu à temps l’agrément imposé par la nouvelle réglementation européenne MiCA
Le couperet tombe pour Binance. « Binance France n’est plus en mesure d’accueillir de nouveaux utilisateurs et, à compter du 1er juillet 2026, ne proposera plus de services sur cryptoactifs en France », a indiqué l’entité française dans un courriel adressé à ses clients. Les utilisateurs existants pourront seulement « réduire vos positions et […] retirer vos actifs ».
En France, la plateforme ne pourra plus accueillir de nouveaux utilisateurs et limitera les opérations aux retraits et à la réduction des positions. Et la mesure dépasse la France. « Cela ne se limite pas à la France ; des communications similaires ont été envoyées aux utilisateurs concernés sur d’autres marchés de l’UE », précise le groupe.
Binance reconnaît qu’elle ne pourra pas obtenir à temps le feu vert réglementaire exigé avant le 30 juin. Une nouvelle règle qui change tout Depuis fin 2024, la réglementation européenne MiCA encadre strictement les cryptoactifs. Objectif : renforcer la protection des investisseurs et lutter contre le blanchiment.
Pour continuer à opérer, les plateformes doivent obtenir un agrément dans un État membre. Mais la transition est compliquée. De nombreuses sociétés n’ont pas finalisé leur démarche ou n’ont pas obtenu l’autorisation à temps.
Sans ce sésame, elles doivent organiser la cessation de leurs activités dans l’Union européenne. Binance a tenté sa chance, sans succès immédiat. « Binance a retiré sa demande d’agrément MiCA en Grèce et sollicitera une autorisation dans un autre État membre de l’UE », a indiqué la plateforme, sans préciser le pays ciblé.
Le groupe évoque une « décision prudente » liée à « l’absence de décision formelle » alors que la date limite approche. En attendant, il bascule en mode repli sur plusieurs marchés européens. Une industrie en pleine bascule En France, la situation reste sensible.
Une enquête vise toujours Binance, soupçonnée d’avoir manqué à ses obligations de contrôle des fonds de ses clients. À l’international aussi, le groupe traîne des casseroles. Son ancien patron, Changpeng Zhao, avait été condamné en avril 2024 aux États-Unis pour violation de la législation antiblanchiment, avant d’être amnistié en octobre par le président américain Donald Trump.
Avec MiCA, l’Union européenne change les règles du jeu. Les plateformes doivent désormais se conformer à un cadre harmonisé, sous peine de disparaître temporairement du marché. Pour Binance, la question est désormais simple : obtenir un agrément ailleurs pour revenir.
En attendant, les utilisateurs européens doivent s’adapter à une offre réduite et à un secteur en pleine transformation.