Démission de Christine Lagarde de la BCE : un départ et de multiples hypothèses
Le démission de Christine Lagarde de son poste de présidente de la BCE s’inscrit dans une période d’incertitudes monétaires et politiques.
Son intention de partir avait été dévoilée par le Financial Times au début de cette année. Avant que Christine Lagarde ne le confirme, à demi-mot, au quotidien Les Échos en juillet. Mais l’annonce de sa décision de renoncer à son poste de présidente de la Banque centrale européenne (BCE) le 7 février prochain – soit neuf mois avant le terme prévu de son mandat –, faite le 29 octobre à 11h03 sur le réseau social X, a suscité de multiples réactions.
Pourquoi la quatrième dirigeante de cette institution clé de l’Union européenne créée il y a vingt-huit ans choisit-elle de quitter prématurément Francfort ? « Je veux avoir une liberté de parole et d’expression, et celle de prendre position sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire », a-t-elle déclaré.
Et pouvoir ainsi s’engager dans les débats de la campagne électorale. Pour autant, malgré de nombreuses sollicitations, l’ex-patronne du cabinet d’avocats américain Baker & McKenzie, entrée en politique dans le gouvernement Villepin en juin 2005, refuse de se porter candidate à l’élection présidentielle : « Pas du tout une bonne idée. »
« Elle a vécu aux États-Unis et ne peut ignorer les effets catastrophiques de la non-démission de la juge à la Cour Suprême Ruth Bader Ginsburg, à son poste jusqu’à sa mort en 2020, décrypte un familier. Ce qui a permis à Trump de remodeler à sa main ce pilier de la démocratie américaine. » Traduire : un départ en février permet à Emmanuel Macron de prendre part au choix de son successeur, au lieu de laisser le (ou la) futur(e) occupant(e) de l’Élysée s’en charger.
Une hypothèse attaquée par Jean-Luc Mélenchon : « Voici le départ annoncé de Christine Lagarde, […] pour permettre à Macron de négocier avec le chancelier la prochaine nomination. » Celle qui publiera son autobiographie, Lady First, le 4 février, souhaite peut-être aussi éviter un futur conflit d’intérêts, alors que le taux d’intérêt de la dette nationale s’envole sur les marchés financiers (4,97 % le 30 octobre). « Difficile pour une Française de se prononcer pour ou contre une intervention éventuelle, estime un banquier, surtout si les conditions n’en sont pas orthodoxes. »
Proche du duo aux manettes du Forum économique mondial de Davos – le patron du fonds d’investissement BlackRock, Larry Fink, et le vice-président du groupe pharmaceutique Roche, André Hoffmann –, Christine Lagarde est pressentie pour diriger celui-ci. Le conseil du Forum devrait trancher dans les jours à venir.
Reste que son départ, et celui des numéros deux et trois de la BCE, l’Allemande Isabel Schnabel (en partance pour le FMI, un an avant la fin de son mandat), et l’Irlandais Philip Lane, chef économiste, en mai, déclenche une intense période de négociations entre États européens. Berlin ne peut imposer un Allemand, puisque Ursula von der Leyen dirige la Commission. Ni Paris un Français.
Pas encore recoupée
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- La Tribune2 nov., 06:30
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