« L’usine Chemours a apporté des emplois. Mais à quel prix ? » : les PFAS et leurs dégâts au cœur du récit « Facteur X » dont « Le Monde » dévoile les extraits
Dans un livre-enquête incarné par nombre de rencontres, à paraître le 29 octobre aux éditions Les Arènes, la militante pour le climat Camille Etienne plonge dans l’histoire de l’industrie de la chimie et de ses…
L’usine Chemours, récemment inaugurée à Serémanges, a fait l’objet d’une vive polémique depuis le lancement de ses opérations. Installée sur un site historique de production chimique, l’usine a vu le jour dans le cadre d’un plan de transition industrielle visant à revitaliser la région du Quercy. Elle a créé plusieurs dizaines de postes, très appréciés par la communauté locale, et a ainsi renforcé l’emploi dans une zone où la désertification économique faisait déjà la morale.
Derrière ce renouveau industriel se cache la production de perfluoroalkylés et polyfluoroalkylés (PFAS), un groupe de fluoropolymères réputés pour leur persistance dans l’environnement et leurs effets potentiellement cancérogènes. Ces composés, largement utilisés comme agents antiadhésifs, dans la fabrication de textiles et de produits de protection, ont suscité de vives inquiétudes au niveau national et européen depuis les années 1990. Les risques liés à la contamination du sol, de l’eau et de l’air sont au cœur des débats entre producteurs, autorités sanitaires et associations de protection de l’environnement.
Camille Etienne, militante pour le climat et auteure du livre en investigation « Facteur X », a mené une série de rencontres avec des ingénieurs de Chemours, des voisins de l’usine, et des experts en toxicologie. À travers ces interviews, elle reconstitue une trajectoire qui rappelle celle d’autres grandes industries chimiques françaises, où la croissance économique a souvent été privilégiée par rapport à la protection de la santé publique. Dans son ouvrage, prévue pour le 29 octobre, l’auteure retrace l’essor de l’industrie fluorée et ses conséquences sur le bassiflux socio‑écologique local.
Les premiers rapports environnementaux publiés par Chemours, aujourd’hui transparents sur leur site internet, indiquent la mise en place de mesures de confinement et de traitement des eaux usées. Néanmoins, les autorités sanitaires continuent de scruter les concentrations de PFAS dans les nappes phréatiques voisines, soulevant la question de la longévité du bassin d’activité. Les habitants de Serémanges rapportent des perturbations dans leur vie quotidienne : des traces de produits ménagers riches en PFAS dans les bouteilles d’eau de quartier, un goût étrange dans les aliments de la production locale, ainsi que des inquiétudes quant aux risques sanitaires pour les générations futures.
L’opposition entre l’intérêt économique et la préservation de l’environnement est manifeste. Les partisans de l’usine insistent sur la création d’emplois stables et sur l’obligation de diversifier la base industrielle locale, tandis que la communauté et les défenseurs de la santé publique appellent à une régulation plus stricte et à une surveillance accrue. Les récentes directives européennes sur la prévention des substances chimiques dangereuses soulignent que le seuil de tolérance des PFAS ne devrait pas être franchi sans une analyse rigoureuse des conséquences, un point que l’entreprise s’engage à respecter, mais dont la mise en œuvre demeure sujette à controverse.
Pas encore recoupée
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- Le Monde25 oct., 18:30
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