La production avait été arrêtée en 1999: la France va à nouveau fabriquer des munitions militaires de petits calibres sur son territoire
Un groupement industriel constitué autour de l'entreprise belge FN Herstal va produire des munitions de calibre 5,56 mm et 7,62 mm à Clérieux, dans la Drôme, à partir de 2029.

La production de munitions de petits calibres en France, interrompue depuis 1999, va reprendre en 2029: la Direction générale pour l'armement (DGA) a attribué le marché à un groupement industriel emmené par le Belge FN Herstal, a annoncé mercredi le ministère français des Armées. "Le résultat de la compétition européenne lancée par la DGA en avril 2025 conduit à attribuer le marché au groupement composé des sociétés FN Herstal, Cheditte et Nobelsport dont l'offre a été la mieux classée", affirme le ministère dans un communiqué. La production, "prévue en 2029", concernera les munitions de calibre 5,56 mm tirées par les fusils d'assaut ainsi que celles de 7,62 mm utilisées par certaines mitrailleuses et fusils de précision de l'armée française.
La capacité de production sera de 75 millions de munitions par an, selon le ministère. Celle-ci sera implantée à Clérieux dans la Drôme (sud) et permettra de créer une vingtaine d'emplois en France. Un serpent de mer Dans un premier temps y seront effectuées les activités de chargement en poudre ainsi que l'assemblage et le conditionnement des munitions.
"Par la suite, la production nationale pourra être élargie à certains sous-composants (poudres et amorces en particulier)", précise le ministère, qui entend par ailleurs "qualifier des sources d'approvisionnement européennes sur l'intégralité de la chaîne de sous-traitance". "Ce projet s'inscrit dans une logique visant à couvrir de façon pérenne à la fois le besoin d'entraînement et la capacité à soutenir un conflit de haute intensité", explique le ministère. La question de la relocalisation en France de la production de munitions de petits calibres était un serpent de mer depuis une dizaine d'années, les autorités jugeant dans un premier temps que les sources d'approvisionnement sur le marché mondial étaient abondantes et doutant de la viabilité économique d'une nouvelle filière.
La crise du Covid et la guerre en Ukraine ont rebattu les cartes et convaincu les autorités françaises de la nécessité de retrouver des capacités de production autonomes dans ce domaine.