Cyberattaque sur l’Établissement français du sang : des chambres froides poussées à 110 °C
De −30 à 110 °C. C’est la consigne que des pirates ont imposée à des chambres froides de l’Établissement français du sang (EFS). Le Canard enchaîné a révélé le piratage de Coolworld, prestataire chargé de la…
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Un technicien d’astreinte a vu les températures grimper et a donné l’alerte avant que la moindre poche ne soit perdue. Le ministère de la Santé assure que la chaîne transfusionnelle n’a jamais été interrompue et qu’aucun patient n’a été exposé.
Dans ces conteneurs dormaient des échantillons de surveillance sanitaire et des poches destinées aux transfusions. Le plasma frais congelé se conserve jusqu’à trois ans sous les −25 °C. Repassé au-dessus de zéro, il part à la destruction (on rappellera qu’une poche décongelée ne se recongèle jamais). La consigne trafiquée aurait anéanti le stock en quelques heures.
Sur BFMTV , le président de l’EFS Frédéric Pacoud a écarté toute atteinte à la sécurité des produits.
« On aurait pu perdre des échantillons ou des poches de plasma destinés à soigner des patients. »
L’incident n’est pas le premier pour l’établissement. En mars 2024, le vol des données issues de son logiciel de gestion des donneurs avait touché environ 1,5 million de personnes, avec des éléments d’identité et des antécédents médicaux exposés.
Or le mode opératoire n’avait rien d’inédit. Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des centaines de supermarchés français ont retrouvé leurs groupes frigorifiques déréglés, chez Intermarché, E.Leclerc et Coopérative U. Les magasins ont jeté une partie de leurs produits frais et surgelés.
Le 2 novembre, l’attaque a pris de l’ampleur : Quinze magasins Carrefour ont été touchés en Belgique. Treize supermarchés SuperValu ont retiré des produits de la vente par précaution en Irlande. Même scénario en Suède, où des enseignes ont vidé leurs congélateurs.
Ces installations sont pilotées par des automates connectés qui permettent aux techniciens de surveiller les températures et d’intervenir sans se déplacer. Quand l’interface de gestion traîne sur Internet avec un mot de passe d’usine , changer une consigne ne demande aucune prouesse technique.
L’agence française de cybersécurité (ANSSI) avait publié une alerte dès le 12 octobre sur le piratage de contrôleurs d’installations frigorifiques , avant de l’élargir à plusieurs gammes signées Danfoss, Copeland ou Dixell. Ses recommandations tiennent en quelques lignes : retirer d’Internet les interfaces de gestion, verrouiller les accès distants, appliquer les mises à jour et vérifier les réglages, à commencer par les plages de dégivrage. Un cycle de dégivrage fait légitimement monter la température d’une chambre froide, et un paramètre trafiqué passe alors pour une opération de routine.
Pourtant, personne n’a revendiqué l’attaque. Aucune demande de rançon n’a filtré chez Coolworld ni dans la grande distribution, à rebours du scénario habituel quand un établissement de santé est visé. Les pirates du centre hospitalier sud-francilien de Corbeil-Essonnes avaient réclamé 10 millions de dollars en août 2022, divisé leur exigence par dix, puis publié les données volées faute de paiement.
Pas encore recoupée
Seule la rédaction Journal du Coin rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- Journal du Coin4 nov., 18:34
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Méthode : les dépêches sont regroupées d’après les mots de leur titre et de leur résumé ; chaque rédaction compte une fois ; les chiffres sont lus tels que publiés. Rien ici n’est rédigé par une IA.