Une inflation au plus haut depuis 3 ans, une croissance stagnante : la France prise en étau des détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb
Hausse des coûts de production, consommation des ménages sous pression : tous les ingrédients sont réunis pour peser sur la croissance.
Les mouvements sociaux contre la vie chère, en France comme ailleurs en Europe, rappellent les effets délétères de l’inflation sur le pouvoir d’achat, particulièrement pour les bas revenus qui consacrent une plus grande part de leurs ressources à la consommation. De la station-service au panier de consommation, la transmission de la hausse des prix de l’énergie s’est désormais largement opérée. Selon l’Insee, l’inflation atteignait 3,1 % sur un an au 15 octobre, son plus haut niveau depuis trois ans. L’inflation sous-jacente, hors énergie, s’établit à 1,5 % : signe que le choc énergétique pourrait progressivement se diffuser.
La situation est similaire dans toute la zone euro, alors que l’Europe importe une partie de son inflation, non seulement par les prix du pétrole, mais aussi par les prix des produits transformés et du transport. Dépendante des énergies fossiles importées, l’Europe reste vulnérable aux crises géopolitiques. À l’offensive américaine de février, l’Iran a répondu par le blocage du détroit d’Ormuz. Soutenus par Téhéran, les Houthis du Yémen ont à leur tour instauré un blocus naval partiel du détroit de Bab el-Mandeb, verrouillant les accès maritimes de la péninsule Arabique.
Huit mois après le début du conflit, le brent s’est établi en moyenne à 125 dollars durant les trois premières semaines d’octobre, après avoir franchi les 130 dollars le 8 octobre. Soit une hausse de 75 % par rapport à la veille du conflit. Les marchés anticipent un reflux progressif vers 100 dollars d’ici à la fin de 2026.
Deux semaines de navigation supplémentaires
Le recours à des voies d’exportation de remplacement – oléoduc saoudien Est-Ouest ; oléoduc émirati débouchant à Fujaïrah ; au-delà d’Ormuz, transports terrestres – et la hausse de la production hors de la région avait quelque peu détendu les marchés jusqu’à l’été. Mais la situation s’est de nouveau aggravée. Aux attaques de pétroliers saoudiens la semaine du 20 juillet ont succédé celles visant des villes du sud de l’Arabie saoudite début septembre, sur fond d’intensification des combats au Yémen. Les 19 et 20 septembre, des installations d’Aramco et l’aéroport de Riyad ont été pris pour cible ; ce dernier l’a encore été à vingt reprises durant la première quinzaine d’octobre.
Pas encore recoupée
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- Challenges30 oct., 14:29
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