Kemiwatt donne une seconde vie énergétique aux cuves industrielles
Issue de la recherche rennaise, la start-up Kemiwatt mise sur une batterie à flux organique, non inflammable et sans terres rares, capable de transformer les cuves de stockage des ports et des sites industriels en…
En quelques mots, comment fonctionne une batterie à flux organique recyclable et quels sont ses avantages concrets ? Notre batterie à flux organique stocke l’énergie dans des molécules dissoutes dans l’eau. Deux liquides, conservés dans des cuves séparées, circulent dans des modules électrochimiques appelés stacks : c’est là que l’on charge la batterie ou que l’on restitue l’électricité.
Pour un industriel, l’intérêt est de stocker l’électricité lorsqu’elle est disponible ou moins chère, puis de l’utiliser au moment où il en a besoin, pendant plusieurs heures. Nous pouvons adapter séparément la puissance et la quantité d’énergie stockée. Plus on met de liquide dans les cuves, plus on obtient de kWh ou de MWh et plus on met de stacks, plus on a de kW ou de MW.
Notre électrolyte est non inflammable et notre conception n’utilise ni terres rares ni PFAS. Nous prévoyons également le recyclage des électrolytes en fin de vie avec un process très simple. Enfin, lorsque les cuves existantes sont compatibles, nous pouvons leur donner une nouvelle fonction énergétique car nous n’utilisons pas d’acide pour dissoudre les molécules actives.
À qui adressez-vous vos équipements et pour quelles utilisations ? Nos cibles stratégiques sont les terminaux de stockage de liquides, les ports, les gestionnaires de réseaux, les énergéticiens et les sites chimiques ou pôles industriels. Leur besoin commun est de mieux gérer le moment où ils consomment ou fournissent de l’électricité.
Concrètement, cela peut servir à alimenter des navires à quai, utiliser davantage de production renouvelable locale, réduire les pointes de consommation ou contribuer à soulager un réseau congestionné. Nous étudions aussi des opportunités auprès des centres de données et des développeurs de projets de batteries. Chaque projet est dimensionné selon ses besoins, avec des cuves existantes adaptées, des cuves neuves ou des conteneurs-citernes ISO réemployés.
Quelle est la durée de vie estimée pour vos batteries à flux organique ? Nous concevons nos systèmes pour une durée de service de l’ordre de vingt ans ou 20 000 cycles de charge/décharge. Ces deux repères doivent être précisés selon le profil d’utilisation et les conditions d’exploitation.
Il faut raisonner sur l’ensemble de l’installation et sur sa maintenance. Cela ne signifie pas que chaque composant fonctionne vingt ans sans intervention. Notre objectif est de proposer un actif industriel durable, dont l’entretien et la fin de vie sont anticipés, notamment avec le recyclage des électrolytes.
Pourquoi avoir fait le choix de recentrer votre activité sur les cuves portuaires ? Ce sont les industriels eux-mêmes qui sont venus nous voir. Des entreprises qui stockent des produits liquides dans de grandes cuves nous ont demandé si nous pouvions transformer ces cuves en grandes batteries.
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- BFM Business4 nov., 09:00
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