Le groupe Altrad visé par une enquête pénale pour fraude fiscale aggravée
Le groupe Altrad est visé par une enquête pour fraude fiscale aggravée après des perquisitions menées en France, sur fond de soupçons portant sur plusieurs centaines de millions d’euros
Le dossier prend de l’ampleur. Une enquête préliminaire pour fraude fiscale vise le groupe Altrad, géant des services au BTP, a indiqué lundi le parquet national financier (PNF). Des perquisitions ont été menées la semaine dernière dans plusieurs sites, dont le siège à Montpellier, avec « une cinquantaine d’enquêteurs » mobilisés.
L’enquête, ouverte à la suite d’une plainte de l’administration fiscale à la mi-avril, porte sur des faits de fraude fiscale aggravée et de blanchiment en bande organisée. À ce stade, le PNF précise que « des auditions sont intervenues pour les personnes physiques sous le régime de l’audition libre. Il n’y a donc pas eu de garde à vue ».
Des soupçons lourds, encore à confirmer Selon une source interne au groupe, ces investigations s’intéressent à un système de fraude d’ampleur, estimé « entre 23 et 86 millions d’euros par an sur la période 2018-2024, soit un montant total compris entre 350 et 400 millions d’euros ». Des chiffres qui, pour l’heure, ne sont « pas confirmés à ce stade par le PNF ». Le montage suspecté reposerait sur un mécanisme de transfert de marges via plusieurs filiales internationales, avec un point de passage notamment à Dubaï.
L’objectif supposé : faire sortir ces sommes des comptes du groupe. Prudence toutefois, l’enquête en est encore à ses débuts et ces éléments restent à vérifier. À la tête du groupe, Mohed Altrad n’a pas réagi dans l’immédiat malgré les sollicitations.
Son entreprise, qui a réalisé environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et emploie 65. 000 salariés, est un acteur clé du secteur industriel et du bâtiment. Figure connue, Mohed Altrad est aussi le patron du Montpellier Hérault Rugby, engagé en finale du Top 14 contre Toulouse samedi.
Un contexte sportif qui contraste avec la pression judiciaire actuelle. Un passé judiciaire déjà chargé Ce n’est pas la première fois que le dirigeant fait face à la justice. En décembre 2022, Mohed Altrad avait été condamné pour avoir noué un pacte de corruption avec Bernard Laporte, ex-patron de la Fédération française de rugby.
Il avait écopé de 18 mois de prison avec sursis et de 50. 000 euros d’amende. Les deux hommes doivent être rejugés en appel en septembre.
Une nouvelle échéance, alors que cette enquête pour fraude fiscale pourrait, elle aussi, rebattre les cartes.