Elle vient d'ouvrir une usine flambant neuve à Dreux et "peut encore accueillir 6 à 8 lignes de production supplémentaires": en pleine croissance, la marque française de thé Dammann Frères se voit "grandir jusqu'à horizon 2050 sans problème"
Le spécialiste français du thé Dammann Frères, qui dispose d'un nouveau siège et d'une nouvelle usine de 26.000 m² à Dreux en Eure-et-Loir, espère poursuivre sa croissance dans les prochaines années.

Chaque année, des millions de sachets de thé quittent les ateliers de Dammann Frères. Mais avant d'arriver dans les tasses des consommateurs, les plantes sont minutieusement sélectionnées par les acheteurs de la maison, qui choisissent les lots un par un auprès des producteurs. Parmi eux, Emmanuel Jumeau-Lafond perpétue un savoir-faire transmis de génération en génération.
Le catalogue compte aujourd'hui entre 380 et 400 références. "On va aller dans les pays producteurs, principalement l'Inde, la Chine, le Japon, le Sri Lanka et puis également un peu l'Afrique", explique l'acheteur de thés. "On va chercher chez les producteurs les différents lots qui nous intéressent, qu'on va après importer ici, mélanger, aromatiser et revendre en conditionné", ajoute-t-il.
Marine Saunier travaille également dans ce laboratoire. Elle source et teste des thés venus de Chine, du Japon et de Corée. Longueur en bouche, astringence, amertume: autant de notions communes avec l’œnologie.
"En ce qui concerne la culture, en ce qui concerne la dégustation, c'est très similaire au vin", affirme-t-elle. "On va chercher une certaine continuité dans certains types de gamme pour que nos consommateurs puissent avoir toujours quelque chose qu'ils retrouvent d'année en année chez nous et des lots exceptionnels, des grands crus, comme dans le vin, où là on va chercher des notes, quelque chose de plus doux, de plus rond, de plus corsé", poursuit l'acheteuse. Une fois les lots sélectionnés, place à la production dans l'usine flambant neuve de 26.
000 mètres carrés implantée à Dreux, en Eure-et-Loir. "Ici, on est sur le dépoussiérage du thé", explique le directeur du site industriel, Stéphane Pinard, en menant la visite des lieux. "Nous allons alimenter la machine via un système d'aspiration, ça alimente le nettoyeur-séparateur qui se trouve au-dessus, et on va venir enlever les gros déchets, les déchets fins et les poussières", continue-t-il.
14 lignes de production Le thé est ensuite pesé, tout comme les morceaux de fruits. Une fois la recette finie, le tout est mélangé pendant 15 minutes, avant d'être stocké, puis conditionné. Tous les coffrets sont encore réalisés à la main.
Avec 14 lignes de production, l’usine dispose encore d’une marge importante avant d’atteindre sa capacité maximale. "Aujourd'hui, je peux encore accueillir 6 à 8 lignes supplémentaires si nécessaire, et ce qui nous permet de grandir jusqu'à horizon 2050 sans problème", avance Stéphane Pinard. Une perspective de croissance puisque l'entreprise se porte bien.
Avec un chiffre d'affaires d'environ 50 millions d'euros, Dammann Frères ne connaît pas la crise, avance la présidente du groupe, Erika Le Noan. "Le secteur du thé se porte bien, c'est un secteur d'avenir, surtout pour les thés premium", avance la dirigeante. "Je pense que le consommateur est de plus en plus regardant, de plus en plus exigeant et il a à cœur d'acheter des thés de plus en plus qualitatifs, ce qui tombe très bien pour Dammann" grâce à son offre "premium", appuie Erika Le Noan.
Les 100 grammes de thé coûtent entre 5,50 euros et 70 euros dans les boutiques de la marque. Dammann Frères ambitionne de faire passer son réseau d’une trentaine à une centaine de points de vente d'ici peu.