Puiser dans les stocks stratégiques de carburants n'est "pas anodin", souligne l'économiste Patrice Geoffron
Les stocks stratégiques, rappelle le coprésident du Cercle des économistes, constituent une "sorte d'épargne qui a été constituée pour les moments difficiles", notamment en cas de risque de pénurie. Or, souligne-t-il,…
Puiser dans les stocks stratégiques de gazole pour faire baisser les prix à la pompe n'est "pas anodin", souligne dimanche 1er novembre sur franceinfo Patrice Geoffron, professeur à l'université Paris-Dauphine et coprésident du Cercle des économistes. Le gouvernement a décidé de mettre à disposition des distributeurs dix millions de barils de gazole issus des réserves stratégiques à partir de ce dimanche, avec l'objectif de faire baisser les prix de 12 à 18 centimes par litre. Le principe consiste à mélanger du gazole acheté aux prix actuels avec du carburant acquis avant le début de la guerre au Moyen-Orient, lorsque les prix étaient nettement plus bas.
"Pour à peu près un cinquième", il s'agit d'ajouter du gazole acheté à une époque où "on le payait à peu près à 1,70 euros le litre", détaille l'économiste. Ce mécanisme permet "d'espérer des baisses de prix de l'ordre de 15 centimes" par litre de gazole, précise-t-il. À lire aussi Carburant : que va changer la libération des stocks stratégiques français de gazole ?
Les stocks stratégiques, rappelle Patrice Geoffron, constituent une "sorte d'épargne qui a été constituée pour les moments difficiles", notamment en cas de risque de pénurie. Or, "il n'y a pas encore de menace de pénurie", précise-t-il. Cette opération vise donc à réduire les prix à la pompe plutôt qu'à répondre à un manque de carburant.
Le choix de concentrer cette mesure sur le gazole s'explique notamment par son prix, désormais "sensiblement plus élevé que le prix de l'essence", ce qui "n'est pas le cas usuellement", relève Patrice Geoffron. Il souligne également l'utilisation du diesel en milieu rural, dans des environnements où les automobilistes ont "peu d'autres options, notamment en termes de transports en commun". "C'est la raison pour laquelle l'effort est concentré sur le diesel", conclut-il.
Pas encore recoupée
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- Franceinfo1 nov., 09:10
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