Des taux d'intérêt à plus de 400%, 82% des ménages endettés... Au Brésil, la dette pèse de tout son poids sur le duel présidentiel entre Lula et Bolsonaro
À l’approche d’un second tour très serré, Lula et Flavio Bolsonaro ont multiplié les promesses en faveur du pouvoir d’achat, malgré des finances publiques fortement dégradées. Si sur le papier, l’économie affiche de…
Transports publics gratuits le week-end, rachats massifs ou annulation d'une partie de la dette des particuliers et des entreprises, nouvelles aides pour les étudiants... À l'approche d'un second tour qui s'annonce extrêmement serré ce dimanche, les deux candidats à la présidentielle brésilienne ont tenté de séduire les électeurs indécis en multipliant les promesses pour soutenir le pouvoir d'achat, en dépit de finances publiques très contraintes. En début de semaine, après avoir suspendu les taxes sur l'essence, le gouvernement sortant de Lula a également avancé le versement d'un programme d'aides sociales, afin que ses 50 millions de bénéficiaires puissent le recevoir avant le second tour.
Dans les sondages, l'actuel président Lula (Parti des travailleurs), 81 ans, et le sénateur Flavio Bolsonaro (Parti libéral), 45 ans, fils de l'ancien président conservateur aujourd'hui en prison, étaient donnés à égalité jeudi soir avec 50% des intentions de vote, selon l'institut Datafolha. La dynamique des derniers jours semblait profiter à Lula, toutefois donné largement perdant il y a deux semaines, à l'issue de son troisième mandat à la tête du plus grand pays d'Amérique latine (2003-2011, puis 2023-2027). Outre l'insécurité, le mécontentement des électeurs, et en particulier des classes moyennes, s'est notamment cristallisé autour du pouvoir d'achat.
Des bons indicateurs mais des budgets troués Sur le papier, Lula et son Parti des travailleurs peuvent pourtant mettre en avant des indicateurs favorables. Depuis leur retour au pouvoir, la croissance de l'économie brésilienne a été nettement plus rapide que celle de ses voisins, même si elle a tendance à ralentir, à 2,2% en 2026 et 1,9% en 2027, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI). "Entre 2022 et 2025, l'économie brésilienne a enregistré une croissance cumulée de 8,9%, contre une moyenne de 5,7% pour l'Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, l'Équateur, le Pérou, le Paraguay et l'Uruguay", note ainsi le Center for Economic and Policy Research, un centre de réflexion américain.
Parallèlement, le taux de chômage a nettement reculé — passant de 9,3% en 2022 à 5,4% mi-2026 — et en moyenne les salaires réels ont augmenté d'environ 13%, ajoute le CEPR. Pourtant, le pouvoir d'achat de nombreux ménages reste contraint. Le revenu mensuel moyen au Brésil reste faible (environ 600 euros par mois), ce qui pousse beaucoup de ménages à s'endetter, à des taux très élevés.
"Avant, les gens étaient pauvres, mais maintenant, ils sont pauvres et endettés", résume Maria Paula Bertran, professeure à l'Université de São Paulo, auprès du New York Times. "La principale détérioration observée dans les finances des ménages concerne le coût du service de la dette", explique ainsi le CEPR. En moyenne, 30% du revenu des ménages est désormais consacré au remboursement de leurs crédits (contre 22% en 2019), un niveau trois fois plus élevé qu'aux États-Unis.
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- BFM Business25 oct., 06:59
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