La Française Fidji Simo, numéro 2 d’OpenAI, quitte son poste pour raisons de santé
Trois mois après un arrêt maladie, la Française Fidji Simo renonce à ses fonctions à plein temps chez OpenAI. Elle restera conseillère à temps partiel.
C’est un séisme dans la Silicon Valley. Fidji Simo, la Française la plus puissante de la Silicon Valley, a annoncé jeudi quitter son poste chez OpenAI, la maison mère de ChatGPT. «J’ai décidé de quitter mon poste à temps plein chez OpenAI pour devenir conseillère à temps partiel», écrit-elle dans un post sur son compte X.
Le motif est médical : une maladie chronique dont elle souffre depuis sept ans, aggravée au point de l’avoir contrainte à un arrêt il y a trois mois. «Pendant cette période, il est devenu clair que le chemin vers la guérison serait beaucoup plus long et plus complexe que je ne l’imaginais. » L’ancienne de Facebook avait déjà révélé avoir appris, en 2019, qu’elle était atteinte du syndrome de tachycardie orthostatique posturale (ou POTS), qui touche le système nerveux.
Il perturbe la circulation sanguine et le rythme cardiaque. Cette affection a connu une «sévère exacerbation» au printemps, a-t-elle expliqué. «Il est devenu clair (il y a trois mois) que la voie du rétablissement serait beaucoup plus longue et plus complexe que je ne l’imaginais.
» Un choix trop longtemps repoussé «Beaucoup m’ont dit que j’étais courageuse de faire passer ma santé en premier, poursuit Fidji Simo. La vérité, c’est que je ne prends cette décision aujourd’hui que parce que j’ai échoué à la prendre de nombreuses fois auparavant. » Elle rappelle les avertissements ignorés.
Deux ans après être tombée malade, Facebook lui avait proposé une année complète d’arrêt. «J’ai dit non immédiatement. » Elle cite alors son patron d’alors, Mark Zuckerberg : «Zuck m’avait dit de jouer sur le long terme.
J’aurais dû l’écouter. » Cet état d’esprit, dit-elle, l’a menée «d’une petite ville du sud de la France (Sète, ndlr)» jusqu’à des fonctions qu’elle n’aurait «jamais pu imaginer». Fidji Simo était arrivée en août chez OpenAI au poste de directrice générale des applications d’OpenAI, dont son modèle phare ChatGPT.
Durant son passage, la Française aura notamment présidé au lancement de la publicité dans ChatGPT, en recherche de nouvelles sources de revenus. Avant OpenAI, Fidji Simo a dirigé Instacart, qu’elle a conduit jusqu’à son entrée en Bourse et dont elle préside encore le conseil. Elle avait auparavant passé une dizaine d’années chez Meta, où elle avait bâti l’activité publicitaire de Facebook avant de piloter l’application.
Sam Altman se dit «triste et reconnaissant» En sept ans, dit-elle, Fidji Simo a mesuré combien le système de soins reste difficile à naviguer, «même quand on dispose de tous les avantages possibles». D’où une priorité : «Guérir les maladies est la chose la plus importante que l’IA pourrait accomplir. » La dirigeante entend d’ailleurs poursuivre ce combat au sein d’OpenAI, mais aussi à travers deux structures dédiées aux maladies chroniques : Chronicle Bio, société de biotechnologie, et CODA (Complex Disorders Alliance), association de recherche portée par les patients.
Dans son post, elle tient également à remercier Sam Altman et son bras droit Greg Brockman, qui lui ont offert «un moyen de continuer à contribuer à la mission sans sacrifier [ses] chances de guérison». Puis de conclure : «Pour l’instant, ma priorité est de me rétablir. » Dans un message interne consulté par le Wall Street Journal, Fidji Simo explique que les responsabilités attachées à son poste seront réparties entre Greg Brockman, la directrice financière Sarah Friar et le responsable de la stratégie, Jason Kwon.
«Je suis vraiment triste pour Fidji et reconnaissant de tout ce qu’elle a fait pour OpenAI», a réagi Sam Altman sur X. «Nous lui souhaitons un prompt rétablissement.