OPINION. « On ne sauvera pas la Sécurité sociale en taxant ceux qui la financent », par Éric Ciotti, maire de Nice et président de l’UDR
Pour le président de l’UDR, augmenter le coût du travail pour combler les déficits pénaliserait les travailleurs. Il enjoint le gouvernement à plutôt baisser ses dépenses pour équilibrer les comptes publics.
C’est devenu le leitmotiv économique des gouvernements socialo-macronistes à la tête du pays depuis quinze ans : pour combler les déficits, demander toujours davantage à ceux qui produisent, embauchent et versent les salaires.
Le PLFSS pour 2027 prévoyait ainsi 6,6 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires sur les entreprises, en réduisant les allègements de cotisations patronales : 2,9 milliards en prolongeant le gel de leur barème malgré les revalorisations du smic, et 3,7 milliards en intégrant l’intéressement, la participation et certaines primes dans leur calcul. En clair : les entreprises paieraient davantage de cotisations sans que leurs salariés touchent un centime de plus.
C’est pourtant déjà le double mal français : un coût du travail exorbitant pour les employeurs et des fiches de paie insuffisantes pour les salariés. Et que propose le gouvernement ? Une nouvelle saignée ! Les médecins de Molière qui nous gouvernent empirent la situation en prétendant vouloir l’améliorer.
La France part de très loin. Selon l’OCDE, en 2025, les impôts et cotisations absorbaient déjà 47,20 euros pour 100 euros de coût du travail d’un salarié célibataire au salaire moyen, contre 35,10 euros en moyenne dans l’OCDE. Un fossé entre coût employeur et salaire net qui freine les embauches et les augmentations, tout en nourrissant le sentiment de travailler beaucoup pour gagner trop peu.
Pour les entreprises, chaque hausse de charges réduit les marges de manœuvre : une embauche différée, une augmentation compromise, un investissement reporté… Et les premières victimes seront les artisans et les PME, dont les trésoreries sont souvent déjà fragiles ! Dans le bâtiment, qui emploie plus de 1,2 million de salariés et traverse une crise profonde, comment relancer la construction et la rénovation en renchérissant le coût de ceux qui réalisent les travaux ?
Pire, le gouvernement entendait même pénaliser les entreprises qui cherchent à mieux rémunérer leurs salariés : depuis des années, nous les encourageons à partager leurs résultats grâce à l’intéressement et à la participation, sans compromettre la souplesse financière des petites structures. Et l’État voudrait rendre ces dispositifs plus coûteux ! Quel message adresse-ton aux patrons de PME qui hésitent à les instaurer ?
Redresser les comptes sans affaiblir l’économie réelle
Rejeté par l’Assemblée nationale le 23 octobre, le PLFSS n’a pas été adopté en l’état. Un amendement UDR avait déjà écarté une partie des dispositions visant le partage de la valeur. Mais le gouvernement pourrait encore tenter de les réintroduire dans les prochaines semaines.
Car le fond du problème est ailleurs : l’État exige toujours plus de recettes sans maîtriser durablement ses dépenses. En 2025, ces dernières représentaient 57,2 % du en France, contre 49,5 % dans l’Union européenne, 47,2 % au Danemark et 44,9 % aux Pays-Bas.
Pas encore recoupée
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- La Tribune1 nov., 08:15
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