Vers une augmentation des salaires après la grève du 5 novembre ? Un patron explique son choix
Parmi les revendications de la mobilisation du jeudi 5 novembre, figure une attente très concrète : gagner davantage pour boucler les fins de mois. Le gouvernement envisage un coup de pouce au Smic. Quant aux patrons,…
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité. Rémi Virly est cuiseur de bonbons.
Il a trois ans d'ancienneté dans une entreprise et un salaire légèrement au-dessus du Smic, d'environ 1 500 euros net par mois. "À la fin du mois, une fois toutes mes charges de loyer, de courses, des assurances diverses et variées [payées], je dirais qu'il me manquerait 100 euros, 100, 120 euros pour être à l'aise", estime-t-il. Samir Refoufi, le chef de l'atelier touche, lui, jusqu'à 1 600 euros, mais pour trois jours de travail par semaine.
Chaque année, il a généralement une revalorisation indexée sur l'inflation, trop peu, selon lui. "Vingt euros brut, ça va faire quoi ? Peut-être 16 euros net, mais 16 euros, c'est quoi ?
Rien… La vie devient trop chère", déplore-t-il. Pour apporter une première réponse à ses salariés face à la crise du pouvoir d'achat, l'entreprise prend maintenant en charge une partie du carburant. Moins coûteux que d'augmenter les salaires : "Une augmentation de salaire, c'est sur une année complète, quand une augmentation des carburants, ça a été très sporadique", pointe Stéphane Crespel, le directeur de Kubli.
"Et il ne faut pas oublier, les aides que vous nous donnez, elles ne sont pas chargées. Nous, on les touche net. J'ai gagné une semaine à rouler gratuitement", souligne Samir.
"Il faut alléger tous les prélèvements pour rendre le coût du travail plus faible"Car le patron a fait ses calculs : cela représente 15 euros net par mois en plus dans la poche de ses 25 salariés. "Et avec l'ensemble des cotisations qui sont chargées à une entreprise, on arriverait à 9 000 euros, en simplifiant sur une année", précise Stéphane Crespel. Il assure qu'il n'a pas les moyens : "L'entreprise a besoin de réinvestir en permanence.
Donc, d'investir auprès des salariés, c'est une chose, mais d'investir pour le développement de l'entreprise, c'en est une autre. Et l'entreprise en a besoin pour se développer", argue-t-il. Des patrons interpellés lors des récentes mobilisations.
Plus de salaire, c'est plus de pouvoir d'achat. Mais selon Michel Picon, président de l’U2P, l'effort doit venir de l'État. "Il faut alléger tous les prélèvements pour rendre le coût du travail plus faible et permettre ainsi aux entreprises de mieux rémunérer leurs salariés", estime le représentant.
Les entreprises devraient privilégier les augmentations individuelles pour 2027, entre 2 et 2,5% en moyenne, principalement dans les secteurs de l'industrie et des ressources humaines.
Pas encore recoupée
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- Franceinfo4 nov., 22:44
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