EDITO. Le mouvement lycéen doit-il s'arrêter ?
Journée de grève et de manifestations jeudi à l’appel de l’intersyndicale des salariés. Une mobilisation qui concerne aussi les lycéens, dont le mouvement est à la croisée des chemins.
Stop ou encore ? "Il faut savoir terminer une grève". On connaît les mots de Maurice Thorez, le secrétaire général du parti communiste incitant les ouvriers à reprendre le travail au lendemain de la conclusion des accords de Matignon, sous le Front populaire en 1936.
Quatre-vingt-dix ans plus tard, la formule n’a pas pris une ride. C’est encore et toujours ce même dilemme qui se pose cette fois-ci aux lycéens au bout de six semaines de mobilisation. La phrase de Thorez résonne encore plus juste si on la cite en entier : "Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue, il faut même savoir consentir au compromis si toutes les revendications n’ont pas encore été acceptées mais si l'on a obtenu la victoire sur les plus essentielles et les plus importantes".
À lire aussi • Direct Grève du 5 novembre : plus de 250 actions annoncées dans toute la France, selon une carte de la GGT - Suivez notre direct Une affaire donc d’interprétation et de rapports de force. Côté interprétation, les leaders des organisations syndicales lycéennes considèrent que le gouvernement ne leur a accordé que "des miettes". Des miettes tardives mais coûteuses pour l’exécutif.
Politiquement d’abord avec le remplacement annoncé de Parcoursup, et puis financièrement avec notamment des créations de postes pour limiter à 28 le nombre d’élèves par classe ou quatre milliards de prêts aux collectivités locales pour rénover le bâti scolaire. Pas sûr qu’un gouvernement en fin de vie et dont les caisses sont vides puisse faire beaucoup plus. Une journée décisiveCôté rapports de force, la mobilisation décline et le mouvement est désormais très minoritaire : moins de 1% des lycées bloqués, selon le ministère de l’Éducation nationale, environ 10% selon les syndicats lycéens, avec une grande majorité d’élèves qui veulent reprendre les cours, notamment en prévision du bac, sans compter la plupart des parents qui poussent le même sens.
Alors qu’espèrent les lycéens qui veulent continuer le mouvement ? Du renfort. De la part des étudiants, et puis des salariés, surtout du secteur public, qui entrent dans la danse sociale sur fond de revendications pour le pouvoir d’achat.
C’est l’enjeu de la journée d’aujourd’hui : une mobilisation en demi-teinte devrait accélérer le retour à l’ordre dans les établissements scolaires. À l’inverse, la jonction des mouvements pourrait offrir un second souffle à la colère lycéenne et faire perdurer grèves perlées et blocages sporadiques de longues semaines encore. De quoi nourrir un climat de tension sociale et sécuritaire inédit au fil d’une campagne présidentielle à hauts risques.
Pas encore recoupée
Seule la rédaction Franceinfo rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- Franceinfo5 nov., 09:14
| Éditeur Franceinfo (niveau établi) | +76 |
| Résumé détaillé | +2 |
| Total | 78 |
Méthode : les dépêches sont regroupées d’après les mots de leur titre et de leur résumé ; chaque rédaction compte une fois ; les chiffres sont lus tels que publiés. Rien ici n’est rédigé par une IA.
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