Le pétrole termine en baisse dans un marché attentiste

Les prix du pétrole ont terminé en baisse jeudi, au lendemain d'une flambée déclenchée par la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran, les opérateurs optant pour la prudence, suspendus à la suite des événements. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, pour livraison en septembre, a perdu 2,20% à 76,30 dollars. Son équivalent américain, le WTI, pour livraison en août, a reculé de 1,96% à 72,08 dollars le baril.
Washington a de nouveau frappé l'Iran dans la nuit de mercredi à jeudi, Téhéran affirmant de son côté avoir mené des représailles contre des alliés des États-Unis dans le Golfe. Le trafic dans le détroit d'Ormuz - passage essentiel pour le commerce mondial d'hydrocarbures - a par ailleurs nettement ralenti depuis mercredi, en particulier sur la route maritime omanaise soutenue par l'ONU. Seulement six navires transportant des matières premières avaient franchi le détroit jeudi à 14H30 GMT, tandis que 21 l'avaient traversé mercredi, selon les données de Kpler.
Malgré tout, «les opérateurs attendent de voir comment la situation va évoluer entre les États-Unis et l'Iran», ont résumé les analystes de Briefing. com. Pour Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, «les marchés se sont habitués aux tensions et aux perturbations dans le détroit d'Ormuz».
«L'effet de surprise est bien moindre qu'au début, ce qui limite également les réactions excessives des investisseurs», a-t-elle ajouté. Si Donald Trump a déclaré la trêve «terminée» et étrillé les dirigeants iraniens, les qualifiant de «malades» à qui il ne veut plus «avoir affaire», il a aussi laissé la porte ouverte à la poursuite des pourparlers par son équipe de négociateurs. «Les marchés partent du principe que les Iraniens doivent conclure un accord pour sauver leur économie, un raisonnement qui contribue à faire baisser les prix», a expliqué à l'AFP Robert Yawger, analyste de Mizuho USA.
«Le problème, c'est que le flux d'actualités continue de changer de direction en un clin d'œil et qu'il est impossible de dire avec certitude ce qui pourrait se passer ensuite», a noté Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell. Ce regain de tensions a ravivé les inquiétudes concernant l'approvisionnement énergétique mondial. Mercredi, les deux références du brut avaient ainsi atteint leurs plus hauts niveaux en plus de deux semaines, le Brent grimpant même au-dessus du seuil symbolique des 80 dollars le baril.