Au Bangladesh, les ouvriers de près de 700 usines de textile sont dans les rues: le gouvernement leur promet une hausse du salaire minimum en janvier (il est de seulement 90 euros)
Alors que les ouvriers d'environ 670 usines de textile du Bangladesh ont bloqué leurs sites et manifesté ces derniers jours pour une meilleure rémunération, le gouvernement assure qu'il augmentera leur salaire minimum…
Le salaire minimum des ouvriers de l'industrie textile du Bangladesh sera augmenté à partir de janvier, a annoncé mercredi le comité ad hoc mis en place par le gouvernement, au cinquième jour du mouvement de protestation qui agite le secteur. Depuis samedi, des milliers de salariés de cette industrie, vitale pour l'économie du pays, manifestent tous les jours dans la capitale Dacca pour exiger une hausse de leurs rémunérations, sur fond de forte inflation et de hausse mondiale des prix de l'énergie. À l'issue d'une réunion mercredi, le comité composé de représentants des salariés et de l'industrie a annoncé qu'il s'était mis d'accord sur le principe d'une hausse du salaire minimum, dont le montant sera fixé en décembre et qui entrera en vigueur dès le mois suivant.
"Nous complèterons notre travail en décembre de façon à ce que les ouvriers puissent recevoir leur salaire révisé en janvier", a déclaré devant la presse ABM Shamsuddin, de l'Association des producteurs et exportateurs de textile du Bangladesh (BGMEA). "Nous sommes d'accord sur ce point", a confirmé dans la foulée un représentant des salariés, Babul Akter. Reste à vivre de 21 euros par mois Pour la cinquième journée consécutive, des incidents ont encore opposé mercredi grévistes et forces de l'ordre dans les rues de plusieurs districts de la capitale Dacca, sièges des plus grandes usines du secteur.
Selon des représentants de l'industrie, des travailleurs d'au moins 670 entreprises - le secteur en compte environ 4. 000 - ont débrayé lundi. Les salariés exigent une augmentation de 140% de leur salaire minimum mensuel, de 12.
500 takas en moyenne aujourd'hui (90 euros) à 33. 000 takas (220 euros) pour compenser la hausse du coût de la vie. "Je n'ai pas d'argent de côté (...
) je n'ai donc pas les moyens de me payer du poisson ou de la viande régulièrement", déplorait mardi une ouvrière du district de Gazipur, Amena. Une fois son loyer payé et une aide pour subvenir aux besoins de ses parents, elle dispose d'un reste à vivre de seulement 3. 000 takas (21 euros) par mois.
"Ce n'est plus possible de vivre ainsi, mais je n'ai pas le choix", avait-elle ajouté, "les usines textiles sont notre seule solution à disposition". Pour Babul Akhter, secrétaire général de la Fédération des travailleurs du vêtement et de l'industrie, "le Bangladesh compte parmi les pays du monde où les salaires dans le secteur du vêtement sont les plus bas", rapporte l'agence de presse Reuters. "Si les propriétaires d'usines ne peuvent pas payer correctement leurs ouvriers, ils devraient négocier de meilleurs prix avec les acheteurs internationaux.
Ils ne peuvent pas bâtir une entreprise sur le dos de travailleurs sous-payés", a-t-il poursuivi. En même temps qu'il a mis en place un comité chargé de négocier une hausse des salaires, le gouvernement a déployé d'importants effectifs pour ramener l'ordre dans les usines et les rues des faubourgs de Dacca. Selon un bilan rendu public mardi par la police, 58 de ses fonctionnaires ont été blessés et 57 personnes interpellées depuis samedi.
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- BFM Business4 nov., 13:32
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