Sauvetage des Forges de Tarbes : «Nous dialoguons avec quatre candidats industriels pour reprendre le savoir-faire de l’entreprise», indique la ministre des Armées
C’est un sujet explosif qui fragilise la souveraineté nationale en matière de défense. Les Forges de Tarbes, principal fournisseur de corps creux d’obus en France, est en grande difficulté et vient d’être placé en redressement judiciaire .
Pas question toutefois pour le ministère des Armées d’abandonner un tel savoir industriel. «Le ministre des Armées que je suis a un objectif : c’est d’assurer la pérennité de l’outil industriel pour qu’il continue de participer à notre souveraineté. Nous avons besoin de ces corps d’obus», a indiqué Catherine Vautrin à l’occasion de son audition devant la Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027 le 27 octobre.
«Nous dialoguons avec quatre candidats industriels pour reprendre le savoir-faire de l’entreprise», a-t-elle précisé. Ces négociations sont menées par la Direction des entreprises (DGE) de Bercy.
La décision judiciaire fait suite à la saisine du Procureur de la République par la DGA (Direction générale de l’armement). Cette dernière s’est en effet inquiétée des dernières décisions de gestion de l’entreprise qui ont précipité la dégradation de sa situation financière cet été. Dès le mois de mars, la DGA avait en particulier été alertée par une opération de vente de murs décidée par le conseil d’administration.
Le ministère des Armées et l’Etat sont d’autant plus légitimes dans le suivi de ce fournisseur clé de la BITD (base industrielle et technologique de défense) qu’il a bénéficié d’une aide de 7,8 millions d’euros sous forme d’avances remboursables pour l’aider à monter en cadence. Avec des résultats : la production d’ébauchés de corps creux est passée de quelques milliers d’exemplaires en 2021 à 70000 exemplaires en 2025. Durant la même période, les effectifs sont passés d’une vingtaine de personnes à une centaine.
Toutefois, la situation financière du sous-traitant de KNDS s’est par la suite dégradée. Les Forges de Tarbes paye en effet la mauvaise gestion par Europlasma, son repreneur en 2021.
Du fait de leurs difficultés et du caractère stratégique de leur production pour les armées, les Forges de Tarbes font depuis plus d’un an l’objet d’une surveillance forte de la part de la Direction générale de l’armement. La DGA et la mission interministérielle aux restructurations d’entreprises (MIRE) de la Direction générale des entreprises (ministère de l’Economie et des finances) opèrent un suivi rapproché de l’activité et de la situation financière de la société, a fait savoir la DGA à L’Usine Nouvelle. Une de ses équipes s’était rendue sur le site le 20 octobre, soit un an jour pour jour après la précédente visite. «L’objectif est d’assurer la préservation des savoir-faire», indique-t-on encore à L’Usine Nouvelle. «On suit la situation avec le ministère des Finances pour accompagner l’entreprise dont on a véritablement besoin. C’est une entreprise sur laquelle on fera tous les efforts nécessaires», a indiqué Patrick Pailloux, le délégué général à l’armement à l’occasion de son audition devant la commission de défense nationale et des forces armées à l’Assemblée nationale le 15 octobre sur le projet de loi de finances 2027.
Pourquoi « Vérifié »
2 rédactions indépendantes rapportent cette information. L'Usine Nouvelle l’a publiée en premier, 3 h avant la dernière.
- L'Usine Nouvelle28 oct., 06:30
- BFM Business28 oct., 09:11
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