La retraite à 60 ou 62 ans, mais à quel prix? Bardella dévoile dans son livre comment le RN compte faire travailler davantage les Français
Le Rassemblement national promet de ramener l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans, voire 60 ans. Mais pour financer cette mesure, il compte durcir les conditions permettant de valider les trimestres nécessaires…
Deux semaines avant que Marine Le Pen présente sa réforme des retraites, censée rétablir un âge légal à 62 voire 60 ans, Jordan Bardella indique dans son nouveau livre "Gouverner" paru mercredi que le Rassemblement national entend "renforcer les conditions de validation d'un trimestre". La quadruple candidate à l'Élysée a prévu de détailler son projet le 17 novembre. Mais son dauphin, promis à Matignon en cas de victoire malgré les accusations d'antisémitisme qui le vise, en dévoile déjà la clé: augmenter la "durée de cotisation effective" plutôt que de relever l'âge légal.
Concrètement, il faudrait travailler davantage pour valider ses trimestres de retraite. Aujourd'hui, ce n'est pas le nombre de mois travaillés qui compte, mais un minimum de salaire perçu. Il suffit de travailler un mois au Smic brut pour valider un trimestre.
Mais attention, seuls quatre trimestres peuvent être validés au cours d'une année. Ainsi, un salarié rémunéré 1. 867 euros brut par mois (le salaire minimum) peut valider ses quatre trimestres annuels en travaillant seulement quatre mois.
Autrement dit, "quatre trimestres peuvent être validés sans avoir travaillé douze mois dans l'année", observe Jordan Bardella dans son livre Gouverner, publié chez Fayard. Le président du RN veut changer cette règle pour "rapprocher la validation des trimestres de la réalité du travail et des cotisations versées". Dans notre exemple, le salarié devrait donc travailler plus de quatre mois pour obtenir ses quatre trimestres.
L'objectif est de faire correspondre davantage les 40 à 42 annuités nécessaires à une retraite à taux plein au nombre d'années réellement travaillées. Le RN n'a toutefois pas encore précisé les nouveaux seuils qui seraient appliqués. Une dose de capitalisation sur la base du volontariat Si l'idée consiste à "renforcer progressivement les conditions de validation d'un trimestre", des exceptions seront faites pour "préserver les périodes liées à la maternité, à la maladie, au handicap ou aux accidents de la vie", mais aussi "maintenir les facilités de départ pour les carrières longues", précise-t-il.
Cette mesure, présentée comme "un compromis juste", à la fois "exigeant et protecteur", ne sera pas le seul moyen de financer le retour de l'âge légal à 62 voire 60 ans. Le RN et sa candidate misent aussi sur une hausse du taux d'activité, notamment chez les jeunes, grâce à une "réforme de la formation professionnelle et (au) collège modulaire" qui devront "permettre à davantage de jeunes d'entrer plus tôt dans la vie active". Les entreprises seraient aussi incitées à garder plus longtemps les seniors en fin de carrière, avec "des exonérations nettes de cotisations, équivalant à une baisse de 30% du coût du travail", dont "une partie" serait "transformée en rémunération" pour ces "salariés expérimentés".
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- BFM Business4 nov., 08:57
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