La Grèce craint pour ses armateurs, la Bulgarie a refusé de cibler le patriarche Kirill... L'UE tarde à trouver un compromis sur de nouvelles sanctions contre la Russie
Faute d'accord, les pays membres de l'Union européenne ont reporté leur décision au 23 juillet prochain, tout en prolongeant le plafonnement du prix du pétrole russe qui arrivait à échéance.

L'Union européenne a décidé de renvoyer au 23 juillet un éventuel accord sur de nouvelles sanctions contre la Russie et maintenu jusqu'à cette date le plafonnement du prix du pétrole exporté par ce pays, qui venait à échéance mercredi. Faute de compromis entre leurs représentants à Bruxelles, les 27 ont reporté leur décision à la semaine prochaine sur ce nouveau paquet de sanctions, le 21e depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. Cet absence d'accord les a également contraints à prolonger d'une semaine le plafonnement du prix du brut exporté par la Russie, actuellement fixé à 44 dollars et qui arrivait à échéance ce mercredi, a-t-on appris de sources diplomatiques.
Ce plafonnement est destiné à limiter les revenus pétroliers de la Russie, qui financent une grande partie de sa guerre contre l'Ukraine. Sans cette décision, le prix du pétrole russe, autorisé à l'exportation, se serait rapproché des prix internationaux, actuellement au-dessus des 80 dollars en raison de la guerre en Iran. La Commission reste confiante Plusieurs cycles de négociations n'ont pas permis d'aboutir en raison de points de blocage persistants.
La Grèce, dont les puissants armateurs s'enrichissent grâce aux hydrocarbures russes, rechigne par exemple à accepter les restrictions sur le transport du gaz naturel liquéfié (GNL) de Moscou. De son côté, la Bulgarie s'oppose à des sanctions contre le patriarche russe Kirill. Le nom du chef de l'Eglise orthodoxe russe, un soutien de la guerre en Ukraine, est régulièrement cité pour figurer sur la liste noire.
Selon des diplomates, il y a également eu des pressions pour édulcorer le projet d'interdiction générale de visas à l'encontre de tous les Russes ayant pris part à la guerre en Ukraine. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, interrogée de Kiev mercredi, s'est néanmoins dit confiante sur les chances de parvenir à un accord. "Je suis convaincu que le 21e paquet de sanctions, tout comme les précédents, sera adopté, même s'il devra comporter certains compromis", a-t-elle déclaré.