«Je n’aurais pas les qualités pour le faire» : invité du média Legend, Bernard Arnault écarte toute ambition politique
Dans un long entretien accordé à Guillaume Pley, fondateur de ce média en ligne devenu incontournable, le patron de LVMH s’en est également pris aux décideurs politiques, accusés «d’augmenter la bureaucratie sans arrêt».
Le nouveau gros coup de Guillaume Pley. Après avoir notamment obtenu l’interview de Nicolas Sarkozy en décembre dernier après son séjour en prison, le fondateur du média en ligne Legend, devenu le podcast vidéo le plus écouté de France, a accueilli sur son plateau le puissant patron du numéro un mondial du luxe, Bernard Arnault. La (longue) interview de plus de 1h40, ressemblant plutôt à une conversation, a été mise en ligne ce mercredi sur YouTube.
L’occasion pour celui dont la famille détient la plus grande fortune de France d’évoquer une multitude de sujets, de son enfance à sa passion pour le piano en passant par la politique. Interrogé par Guillaume Pley sur les différences entre «gérer une société» et «gérer un État», Bernard Arnault a estimé qu’il s’agissait de «deux choses différentes». Et balayé d’un revers de la main toute ambition politique, à la différence d’autres grands patrons par le passé, comme Michel-Édouard Leclerc ou Xavier Niel.
«Je n’aurais pas les qualités suffisantes et nécessaires pour le faire parce que cela nécessite beaucoup d’abnégation et une vocation que je n’ai pas», a répondu le capitaine d’industrie de 77 ans. Avant d’ajouter : «Je n’aurais pas la patience probablement. Et même si j’ai des idées sur ce qui pourrait être fait dans l’économie, je ne souhaite pas m’en mêler de manière officielle et je préfère beaucoup ce que je fais, qui est très amusant.
» «Quand je vois les situations dans lesquelles il faut faire des compromis dans tous les sens, en ce moment par exemple, c’est extrêmement difficile pour ces responsables. [... ] Je ne me vois pas là-dedans», a-t-il conclu.
» LIRE AUSSI - Bernard Arnault accuse la France d’être «contre les entreprises» en cherchant à les «taxer au maximum» «On est couvert de papiers qui ne servent en général à rien» S’il reconnaît la difficulté de la tâche des politiques, cela n’empêche pas le PDG du géant français du luxe de s’en prendre à certaines de leurs décisions qui ne sont pas à son goût. Après avoir raconté qu’il conseillait à ses enfants - tous à des postes à responsabilité au sein du groupe familial - de considérer LVMH comme «une start-up», il a estimé qu’il fallait «fuir la bureaucratie ». «La tendance dans les gouvernements, à Bruxelles ou dans beaucoup d’organisations, c’est d’augmenter la bureaucratie sans arrêt et de faire de la bureaucratie, des papiers, des rapports, des réglementations, des choses qui freinent.
Nous, on doit accélérer et [... ] on ne peut pas accélérer si on est couverts de papiers qui ne servent en général à rien», a-t-il fustigé. Souvent critiqué, notamment par la gauche, Bernard Arnault a également profité de cette interview sur l’un des médias les plus suivis de France pour de nouveau répondre à ses détracteurs.
«En France, quand on réussit un peu, immédiatement, on est critiqué, par des gens souvent qui ne comprennent pas ce qu’on fait ou qui veulent critiquer pour différentes raisons qui leur sont propres», a déploré le chef d’entreprise. «Il y a un climat qui fait qu’on ne supporte pas en France, pour des raisons diverses, que quelque chose réussisse vraiment, surtout si c’est à base d’entreprise privée», a-t-il ajouté quelques minutes plus tard. Avant de s’en prendre à Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin.