La Ville de Paris ajuste son budget 2026, Emmanuel Grégoire critiqué pour son «manque d'ambition» sur le périscolaire
Le Conseil de Paris a adopté le premier budget supplémentaire de la mandature d’Emmanuel Grégoire. La majorité socialiste défend une gestion maîtrisée malgré une baisse des recettes, tandis que l’opposition dénonce un ma

Le Conseil de Paris a voté mercredi le budget supplémentaire 2026 de la Ville, le premier de la mandature du maire PS Emmanuel Grégoire auquel l'opposition reproche un «manque d'ambition» sur le périscolaire et l'adaptation des écoles au changement climatique. Les ajustements, décidés dans un contexte national «contraint», font état d'une baisse des recettes de fonctionnement de près de 131 millions d'euros par rapport au budget primitif, voté en décembre 2025 sous la mandature d'Anne Hidalgo. En cause: le ralentissement du marché immobilier qui a plombé les recettes issues des taxes sur les transactions immobilières (DMTO) - ces dernières ayant été «surestimées», a déploré la maire Horizons du Ve arrondissement Florence Berthout.
Les finances de la capitale sont également affectées par la loi de finances pour 2026, argue la majorité. «Ces chocs exogènes ont été absorbés sans autorisation d'emprunt», a fait valoir l'adjointe aux finances Johanne Kouassi, alors que la dette devrait atteindre 9,7 milliards d'euros à fin 2026, et qu'Emmanuel Grégoire s'est engagé à ne pas augmenter la taxe foncière. «Manque d’ambition» La «solidité» des finances de la ville permet d'abonder 12,9 millions d'euros au budget global (près de 10,4 milliards d'euros), a expliqué l'élue à l'AFP.
Ce montant sera affecté à la sécurisation des espaces isolés dans les écoles, comme les toilettes, pour prévenir les violences sexuelles durant le temps périscolaire. Le nouveau maire a annoncé en avril un plan d'action de 20 millions d'euros pour la refonte du périscolaire à Paris, éclaboussé par un scandale de violences sexuelles. «On ne retrouve pas ces 20 millions dans le budget supplémentaire», a regretté Sylvain Maillard du groupe de Rachida Dati et Grégory Canal, fustigeant le «manque d'ambition» du nouveau maire.
«Votre premier rendez-vous budgétaire est en décalage avec vos engagements», a renchéri Maud Gatel (MoDem). Le plan d'action sur le périscolaire «montera en puissance» dans le budget 2027, notamment avec les mesures sociales de «déprécarisation» de la filière de l'animation, a précisé Johanne Kouassi à l'AFP. Le budget rectificatif 2026 prévoit aussi 12 millions d'euros pour adapter les écoles au changement climatique, avec des mesures immédiates comme l'installation de brasseurs d'air, d'ombrières ou de filtres solaires.
«Une rustine», a cinglé Pierre Baty du groupe Paris au centre. Le groupe de l'Insoumise Sophia Chikirou et de l'écologiste Emile Meunier a de son côté adressé au maire une mise en demeure pour «inaction climatique». Il lui donne deux mois pour publier une «programmation chiffrée du programme de rénovation thermique des 620 écoles publiques de capitale», faute de quoi il saisira le tribunal administratif de Paris.