Amiens : Plus de 300 victimes, les responsables d’une vaste escroquerie à l’investissement immobilier jugés
Quatre responsables de l’ancienne société immobilière Finaxiome comparaissent ce lundi devant la justice, accusés d’avoir escroqué des centaines de particuliers dans toute la France
Ils sont attendus de pied ferme par de nombreuses parties civiles. Quatre membres - trois fondateurs et un ex-dirigeant - de l’ancienne société immobilière Finaxiome sont accusés d’avoir escroqué des centaines de particuliers dans toute la France. Ils sont jugés à partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel d’Amiens (Somme).
La société immobilière, spécialisée dans la vente de biens immobiliers défiscalisés, doit être jugée jusqu’à vendredi, voire jusqu’à lundi prochain. Trois sont accusés d’escroquerie et de perception anticipée de fonds, le quatrième de perception anticipée de fonds et de recel de biens. Les parties civiles de cette escroquerie sont madame et monsieur tout le monde.
Gendarmes, enseignants, aides-soignantes… Plus de 300 personnes au total. « On attend de se faire reconnaître comme des victimes, que les pratiques frauduleuses soient condamnées et que notre préjudice financier et moral soit reconnu et que nous puissions être indemnisés à la hauteur de nos souffrances », espère Pascale Prévot, une retraitée de 65 ans. Une société bien installée Fondée en 2003 à Amiens et liquidée en 2012, Finaxiome a fait construire plus de 80 résidences dans toute la France.
Des milliers de lots ont été vendus à des investisseurs particuliers en s’appuyant sur des mesures de défiscalisation alors en vigueur, a expliqué à l’AFP Me Anne-Valérie Benoit, qui représente près d’une centaine de victimes présumées. Les placements étaient présentés comme sécurisés, comme les loyers ultérieurs combinés aux avantages fiscaux étaient censés les autofinancer. Mais dès 2006, Finaxiome aurait commencé à avoir des difficultés financières, repoussant « éternellement » les dates de livraison des lots, tout en poursuivant un « train de vie extrêmement important », avec « plusieurs séminaires par an avec les collaborateurs dans des pays exotiques » et la participation de « personnalités comme Nelson Monfort ou Franck Dubosc », selon Me Benoit.
La société est accusée d’avoir puisé dans les fonds collectés auprès de nouveaux acquéreurs pour couvrir ses besoins propres, au lieu de les utiliser pour financer des chantiers, un système appelé « cavalerie » financière. « Cette affaire, c’est un petit Apollonia », estime Me Anna Lancien, avocate de près de 150 autres parties civiles, en référence à cette société immobilière d’Aix-en-Provence qui a escroqué 750 personnes pour un préjudice dépassant 1,2 milliard d’euros. Le couple derrière ce scandale a été condamné à sept ans de prison ferme en janvier.
Dans l’affaire Finaxiome, nombre de logements n’ont été livrés que grâce aux garanties activées après la liquidation de la société. Plusieurs victimes présumées assurent aussi que la valeur des biens a été surestimée.