La Banque du Japon déclare avoir atteint sa cible d’inflation fixée il y a 13 ans
La banque centrale japonaise estime pour la première fois avoir atteint sa cible d’inflation de 2%, fixée il y a plus de treize ans pour sortir le pays de la déflation.
La Banque du Japon (BoJ) a maintenu endredi le statu quo sur ses taux, affirmant pour la première fois que sa cible d’inflation était atteinte, plus de treize ans après avoir fixé cet objectif visant à sortir le pays de la déflation. Comme c’était largement attendu par les marchés, l’institution a laissé inchangé son taux directeur à 1,25 %, après l’avoir relevé mi-septembre à son plus haut niveau depuis 31 ans. Ce statu quo a été approuvé par huit des neuf membres de son comité de politique monétaire à l’issue d’une réunion de deux jours, en dépit de la flambée persistante des prix de la consommation au Japon.
La BoJ en a d’ailleurs pris acte : elle a affirmé vendredi que sa cible d’inflation sous-jacente à 2% était désormais atteinte, plus de treize ans après l’avoir fixée, à une époque où l’archipel peinait à sortir d’une déflation tenace. Flambée des cours du pétrole La BoJ note cependant que la fièvre inflationniste devrait dépasser le niveau souhaité : de quoi ouvrir la voie à un nouveau durcissement monétaire lors de sa prochaine réunion en décembre. «Alors que l’inflation sous-jacente se situe à un niveau globalement cohérent avec l’objectif de stabilité des prix de 2 %, il existe un risque que les anticipations d’inflation à moyen et long terme augmentent et que l’inflation dévie à la hausse, dépassant ainsi cet objectif», a expliqué l’institution dans son rapport.
«En effet, le comportement des entreprises tend de plus en plus vers des hausses de salaires et de prix, et divers facteurs pourraient exercer une pression à la hausse sur les prix», souligne-t-elle. Et de détailler : «la montée des cours du pétrole brut devrait renchérir les prix, principalement ceux de l’énergie et des biens. Par ailleurs, la hausse des prix des semi-conducteurs - reflétant une demande mondiale accrue - ainsi que la dépréciation du yen (qui renchérit les produits importés, NDLR), devraient contribuer à l’augmentation des prix».
Alors que l’archipel, longtemps guetté par la déflation, a été confronté depuis le printemps 2022 à une hausse soutenue des prix à la consommation, la BoJ avait entamé en mars 2024 un resserrement de ses taux après 10 ans de politique monétaire ultra-accommodante. Le pays a connu ces dernières années des niveaux d’inflation très supérieurs au niveau-cible des 2 % - jusqu’à atteindre 4 % en décembre 2022 - mais la Banque du Japon s’était alors gardé de déclarer son objectif atteint, préférant attendre de voir les tendances profondes se confirmer. L’inflation japonaise est exacerbée cette année par la flambée des cours du pétrole due à la guerre au Moyen-Orient qui se répercute dans tous les secteurs : les prix à la consommation (hors produits frais et énergie) ont grimpé de 2,4 % sur un an en septembre.
Pourquoi « Vérifié »
2 rédactions indépendantes rapportent cette information. Le Figaro l’a publiée en premier, 2 h avant la dernière.
- Le Figaro30 oct., 05:03
- Euronews30 oct., 06:46
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