Une note qui « déjoue les pronostics déclinistes » : Pourquoi Moody’s a épargné la dette française
Contrairement aux estimations des économistes, l’agence de notation n’a pas baissé son appréciation de la dette française, toujours jugée comme « bonne avec perspective négative », malgré les tensions sociales et le…
Le mauvais élève français commençait à s’habituer à voir ses notes chuter, alors c’est presque une surprise quand sa copie n’est pas sanctionnée. À la surprise générale, l’agence de notation Moody’s n’a pas baissé la note de la dette française vendredi. Celle-ci est maintenue à « Aa3 avec perspective négative », c’est-à-dire comme « bonne » mais avec un risque de dégradation.
« Cette annonce déjoue les pronostics déclinistes de nombreux « experts » et de ceux qui spéculent sur la dette française », s’est immédiatement félicité sur X le Premier ministre, Sébastien Lecornu. En effet, la plupart des économistes s’attendaient à voir Moody’s sanctionner la France d’un A1, soit une dette de « qualité moyenne supérieure », comme l’ont déjà fait ses homologues Fitch et S&P (avec leur équivalent A +).
Alors comment expliquer la mansuétude inespérée de Moody’s ? Dans son communiqué publié tard dans la soirée vendredi, l’agence « part de l’hypothèse qu’un budget 2027 réduisant le déficit public sera adopté ». Une aubaine pour l’exécutif, dont le ministre de l’Économie Roland Lescure ne s’est pas privé de se vanter dans un communiqué : « Cette décision est la reconnaissance de la solidité de notre économie et de la crédibilité du budget présenté par le Gouvernement (…), qui vise à poursuivre le rétablissement des comptes publics. »
« C’est comme lancer une pièce de bœuf au milieu d’une cage aux lions » : ces milliards d’euros d’économies du budget 2027 déjà rejetés par les députés
Sébastien Lecornu en a profité pour saluer « l’action des forces politiques qui, sans majorité, ont accepté d’ouvrir le débat sur le budget dans un calendrier normal ». Et ce alors que le matin même, l’Assemblée nationale avait rejeté à la quasi-unanimité le projet de budget de la Sécurité sociale en première lecture, après l’avoir détricoté tout au long de la semaine. Mais le Sénat reprendra le texte initial du gouvernement, qui prévoit de diviser quasiment par deux le déficit de la « Sécu », tandis que son budget 2027 au global vise 54 milliards d’euros d’économies.
Roland Lescure a d’ailleurs décrit la note de Moody’s comme « un appel à la responsabilité par l’adoption d’ici la fin de l’année d’un budget responsable réduisant notre déficit à 5 %. Cette cible est intangible. C’est la condition de la préservation de notre souveraineté financière. » L’agence de notation reste un peu moins optimiste sur la réduction du déficit cette année, l’imaginant plutôt descendre à 5,2 % (après 5,4 % en 2026) en raison d’une croissance du PIB « légèrement plus faible que les projections du gouvernement », qui prévoit 1 %.
Moody’s clément sur la dette et les tensions sociales
Malgré une dette française qui devrait grimper à 121,7 % du PIB en 2027, Moody’s considère qu’il faudrait que la hausse des taux se maintienne « sur une période prolongée pour avoir un impact négatif significatif » sur sa soutenabilité, tout en soulignant « le risque accru que la fragmentation du paysage politique français continue de nuire au fonctionnement des institutions législatives ».
Pas encore recoupée
Seule la rédaction Challenges rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- Challenges24 oct., 10:30
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