David Amiel les accuse de "matraquer les entreprises": les députés adoptent plusieurs taxes soutenues par la gauche visant les géants du numérique et les superdividendes
Les députés ont adopté plusieurs taxes sur les grandes entreprises, défendues par la gauche dans un débat qui a plusieurs fois tourné au procès de la politique de l'offre du macronisme, après les mauvaises nouvelles…
La gauche avance ses pions sur le front budgétaire. Ce vendredi 30 octobre, les députés de l'Assemblée nationale ont adopté différentes taxes sur les grandes entreprises, contre l'avis du gouvernement. Une taxe sur les flux de données émis par les fournisseurs de contenus sur internet a ainsi été introduite dans le texte: les socialistes estiment le rendement à 10 milliards d'euros.
Elle viserait "très majoritairement les géants du numérique", a défendu le socialiste Laurent Lhardit, le ministre des Comptes publics David Amiel alertant contre ses effets sur les fournisseurs plus modestes, notamment français. Les députés ont aussi voté une taxe de 5% sur les superdividendes des entreprises qui augmentent leurs dividendes de plus de 20%. Nicolas Sansu (PCF) a rappelé qu'au deuxième trimestre, la France a été le pays européen où les entreprises ont versé le plus de dividendes en Europe, et le deuxième au monde derrière les États-Unis.
"Le pari économique du macronisme a échoué", a accusé Éric Coquerel, président LFI de la commission des Finances. Feu vert au pacte Papin David Amiel a lui défendu la politique de l'offre, mettant en garde contre le risque de "matraquer les entreprises" et nuire ainsi à l'emploi et à la compétitivité. Mais ce n'est pas tout.
Une taxe de 10% sur le rachat d'actions réalisé par les entreprises du CAC40 a aussi été adoptée. Jean-Philippe Tanguy (RN) a lui aussi dénoncé ces opérations, qu'il a qualifiées d'outil spéculatif et de destruction de valeur. Un amendement du groupe centriste et indépendant Liot proposant un emprunt national de 50 milliards d'euros auprès des particuliers, rémunéré à 3,5% et défiscalisé, a également été adopté.
Les députés, qui ont supprimé des pans entiers du texte depuis le début des débats, ont toutefois adopté l'article instaurant un nouveau "pacte Papin", du nom du ministre du Commerce Serge Papin, destiné à faciliter la reprise des PME par leurs salariés. Un amendement socialiste est venu encadrer les avantages fiscaux prévus, supprimant notamment l'abattement sur la plus-value accordé au cédant. Dans la foulée, les députés ont ouvert le volet "logement" du texte, élargissant au-delà de ce que souhaite le gouvernement les conditions pour bénéficier d'un prêt à taux zéro.
Économie à l'arrêt Les taxes massivement défendues par la gauche ont été approuvées lors d'un débat qui a plusieurs fois tourné au procès de la politique de l'offre du macronisme, après les mauvaises nouvelles sur l' annoncées dans la matinée. L' à la consommation atteint en effet 3,4% sur un an en octobre, son plus haut niveau depuis janvier 2024 selon l'Insee. L'institut statistique a par ailleurs annoncé un recul de 0,1% du au troisième trimestre, après une baisse de 0,2% au premier et une stagnation au deuxième.
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- BFM Business30 oct., 16:31
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