Reprise des tensions entre les États-Unis et l'Iran: la Chine suspend temporairement ses exportations d'hélium, gaz stratégique utilisé pour fabriquer des puces électroniques
Pékin a décidé, vendredi 10 juillet, de geler les exportations de ce gaz stratégique en raison de la recrudescence des tensions entre Washington et Téhéran. Ce gaz léger, principalement fabriqué aux États-Unis et au Qata

Les chaînes d'approvisionnement de la microélectronique ont montré leur fragilité, en début d'année, avec la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran au Moyen-Orient. Désormais, signe que le conflit n'est pas éteint, la Chine se prépare de nouveau à geler ses exportations d'hélium vers l'étranger dans le but de renforcer ses réserves. Le gouvernement chinois a en effet annoncé, ce vendredi 10 juillet, une interdiction temporaire des exportations d'hélium afin d'éviter des pénuries.
Ce gaz est stratégique, car indispensable à la gestion thermique dans la fabrication des puces électroniques, aussi bien utilisées dans la tech, l'intelligence artificielle, que dans les transports, le spatial ou l'imagerie médicale. Les États-Unis et le Qatar principaux producteurs Cette décision s'inscrit dans la foulée des déclarations du président américain Donald Trump, qui a souligné vendredi que le cessez-le-feu du mois de juin était "terminé" après des échanges de tirs cette semaine dans le détroit d'Ormuz. "L'interdiction d'exporter de l'hélium est clairement une mesure visant à protéger l'approvisionnement national après la reprise du conflit avec l'Iran", explique Cory Combs, responsable de la recherche sur la chaîne d'approvisionnement et les minéraux critiques au sein du cabinet d'études politiques Trivium China, auprès de Reuters.
"La bonne nouvelle, c'est qu'à ma connaissance, aucun pays ne dépend particulièrement des importations d’hélium en provenance de Chine", ajoute-t-il. "L'interdiction d'exportation pourrait avoir des répercussions marginales, mais elle ne devrait pas entraîner de pénurie ni de chocs majeurs sur les prix. " La Chine dépendante de l'hélium importé La Chine est, au contraire, fortement dépendante de l'hélium importé.
Trivium estime que les importations de ce gaz représentent environ 85% des besoins de Pékin, qui produit une grande partie des appareils électroniques vendus dans le monde. La moitié provenait, avant la guerre, du Qatar, depuis en proie à des attaques iraniennes, y compris sur son territoire. Le 2 mars dernier, QatarEnergy a en effet arrêté son immense site industriel de Ras Laffan, ce qui a amputé d'environ 14% les volumes d'hélium sur le marché mondial, avaient relevé Les Échos.
L'Europe, elle aussi, importe 99% de sa consommation d'hélium, ce qui la rend vulnérable à de potentielles ruptures d'approvisionnement en provenance des principaux pays producteurs, à savoir les États-Unis (environ la moitié de la production mondiale d'hélium) puis le Qatar (pour environ 1 tiers), suivis plus marginalement par l'Algérie, la Russie et la Pologne. Ces derniers mois, si des tensions se sont bien fait ressentir sur ce marché, les variations de prix sont restées limitées sur les chaînes d'approvisionnement en aval, à la différence de 2022. Les gisements de ce gaz sont aujourd'hui "limités" et "concentrés" dans le monde, selon la société 45-8 ENERGY, spécialisée dans l'exploration d'hélium et d'hydrogène naturel en Europe de l'ouest.
Surtout, son extraction est souvent associée à des gisements d'autres gaz naturels fossiles, ce qui explique la "concentration" des pays producteurs.