Présidentielle 2027 : Libérée par la BCE, Christine Lagarde peut-elle être le messie du bloc central ?
En démissionnant par surprise ce jeudi, Christine Lagarde pourrait constituer une roue de secours utile pour un bloc central en panique après les flops Philippe et Attal à quelques mois de la présidentielle 2027
En narration, on appelle ça un Deus Ex Machina. Alors que tout semble perdu et qu’il n’y a plus d’espoir, une solution miraculeuse surgit de nulle part pour sauver la situation. La démission de Christine Lagarde de la Banque centrale européenne, survenue ce jeudi, pourrait bien être le Deus Ex Machina qui manquait au bloc central avant la présidentielle.
Les deux candidats déclarés, Edouard Philippe et Gabriel Attal, n’arrivent pas à donner le moindre souffle à leurs campagnes respectives et enchaînent les mauvais sondages. Longtemps favori pour accéder au second tour au côté de l’indéboulonnable Marine Le Pen, Philippe se voit même systématiquement dépassé par Mélenchon. Enlisée dans cette mauvaise passe sans fin, la « libération » de Christine Lagarde pourrait bien changer la donne dans un mouvement politique qui cherche de plus en plus une troisième tête.
Et si c’était elle, l’élue ? Un dossier solide, mais peu flamboyant Alexandre Eyries, enseignant-chercheur HDR en communication politique à l’université catholique de l’Ouest, lui dresse des lauriers : une femme d’expérience et d’expertise, présidente du FMI puis de la Banque centrale européenne, économiste de haut niveau, connue internationalement. Un profil très qualifié, a fortiori dans une élection présidentielle qui devrait être très portée sur la dette, les finances publiques, le déficit et autres joyeusetés macroéconomiques : « Ce sont des dossiers qu’elle maîtrise parfaitement et sur lesquels elle a énormément de compétences », souligne l’expert.
Cette prégnance de l’économie pourrait même compenser son défaut : « Son ethos trop sérieux et froid, qui serait un poids dans n’importe quelle autre élection, pourrait être une plus-value pour 2027. » Attention toutefois à ne pas surestimer son bilan. « Elle a incontestablement fait le travail, que ce soit au FMI ou à la BCE, mais elle n’a pas brillé, positivement ni négativement », nuance fortement l’économiste Sylvain Bersinger.
« On ne retiendra aucune mesure ou aucun coup d’éclat de ses bilans », contrairement à un Mario Draghi, par exemple. Bien plus offensif et marquant, l’Italien avait réussi ensuite à convertir l’essai politiquement, en devenant président du Conseil des ministres italien. Les boulets indépassables du bloc central Christine Lagarde peut-elle vraiment l’imiter ?
Moins flamboyante, donc, que son jumeau transalpin, la démissionnaire a en plus quelques boulets aux pieds. Peut-on vraiment échapper à l’image du bloc central ? « Tout comme Edouard Philippe ou Gabriel Attal, Christine Lagarde pourrait avoir du mal à s’imposer face aux propositions démagogiques mais alléchantes des blocs RN et LFI », s’inquiète Alexandre Eyries.
Pas encore recoupée
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- 20 Minutes30 oct., 16:56
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