Concurrence ferroviaire : Jean Castex défend les petites gares sur les grands axes

Le PDG de la SNCF Jean Castex a défendu jeudi la desserte des gares petites et moyennes sur les grands axes ferroviaires, face à une concurrence qui pourrait être tentée de les délaisser. Jean Castex s'exprimait lors d'un débat sur la régulation des anciens monopoles aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence. «Si vous desservez Paris-Bordeaux directement, sans vous arrêter, c'est rentable.
Si vous commencez à vous arrêter dans les villes intermédiaires, ça l'est beaucoup moins», a-t-il expliqué. «Il n'est pas normal que des compagnies concurrentes ne desservent que la partie rentable du réseau (... ) Et je compte bien, parce que moi je suis pour l'aménagement du territoire, continuer à m'arrêter à Libourne, à Angoulême, à Poitiers, etc.
», a-t-il poursuivi. La France, sous l'effet des règles européennes, a ouvert ses lignes ferroviaires à la concurrence. Un seul rival de la SNCF, l'italien Trenitalia, cohabite avec l'opérateur historique sur une ligne entre des gares uniquement françaises, entre Paris et Lyon puis d'autres destinations dans le quart sud-est, jusqu'à Marseille et jusqu'aux Alpes.
«Rééquilibrer les règles du jeu» D'autres entreprises envisagent d'exploiter d'autres lignes à grande vitesse en France. Jean Castex a appelé à appliquer dans ce cas des conditions qui permettraient de maintenir la desserte de gares moins fréquentées. «J'appelle le législateur à rééquilibrer les règles du jeu.
Où vous vous arrêtez? Comme les autres? Ou alors vous contribuez à l'équilibre du système», a plaidé le dirigeant.
Fin juin, l'Autorité de régulation des transports avait plaidé pour plus de concurrence, en abaissant le coût d'entrée, via celui des péages à verser au gestionnaire d'infrastructures SNCF Réseau. Jean Castex a réaffirmé les ambitions de SNCF Voyageurs d'augmenter son offre. «Jamais nous n'avons transporté autant de gens dans les trains.
Il y a une soif ferroviaire manifeste dont, vous vous en doutez, je ne peux que me réjouir (... ) Rien que depuis 2019, 20% de trafic en plus sur les TGV, +45% sur les TER», a-t-il détaillé. «Aujourd'hui, vous savez ce que c'est mon problème numéro un?
C'est pas l'ouverture à la concurrence: c'est le manque de trains. S'il y a des fabricants dans la salle, que je ne nommerai pas, qu'ils se dépêchent de me livrer», a-t-il conclu.