Prix du carburant : Pourquoi un retour à la normale n’est pas pour demain malgré l’accord Iran-Etats-Unis
« Vers la fin de l’année 2026, on pourrait se retrouver […] entre 60 et 70 dollars le baril », un niveau équivalent à celui d’avant la guerre, selon un expert
Du côté de la pompe, c’est déjà l’accalmie, mais quand les Françaises et les Français vont-ils pouvoir retrouver leurs prix « d’avant » ? Les déclarations depuis quelques jours du président américain Donald Trump sur l’imminence d’un accord avec l’Iran, officialisé lundi, ont déjà entraîné une détente des cours du pétrole et, en conséquence, des prix des carburants. Mais le retour à la normale n’est pas pour demain, estiment de nombreux spécialistes.
Le baril de Brent, référence pour le marché du pétrole, a déjà fondu de plus de 10 dollars en une semaine : à 94 dollars le 8 juin, il s’échangeait lundi autour de 83 dollars. Le prix moyen du litre de gazole a quant à lui reculé de 3 centimes, passant à 2,014 euros vendredi 5 juin, contre 2,045 la semaine précédente, selon les chiffres fournis par la direction générale de l’Energie et du Climat (DGEC). Le litre de SP95 E10 a reculé de 6 centimes, passant à 1,958 euro/l TTC au 5 juin contre 2,018 euros/l TTC la semaine précédente.
Un été en dessous de 2 euros le litre « Il y a eu quand même une espèce de retour de confiance ces quinze derniers jours et surtout la semaine dernière », estime Blandine Ruty, secrétaire générale du syndicat de l’industrie pétrolière française (Ufipem). « Du coup, mécaniquement, les cotations de produits finis [carburants] » sur le marché de référence à Rotterdam « se sont beaucoup détendues cette semaine », a-t-elle poursuivi. « Grossièrement, on peut imaginer que les Français passeront leur été probablement en dessous de 2 euros le litre » sur les principaux carburants, a estimé lundi sur France Info Philippe Chalmin, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine et fondateur du cercle CyclOpe spécialisé dans les matières premières.
Le gouvernement va « s’assurer » que la chute de cours du pétrole attendue après la conclusion d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran soit « bien répercutée à la pompe », a déclaré lundi le président Emmanuel Macron sur TF1. « Pour que ça dure, il faut libérer le détroit d’Ormuz » Problème : au-delà des bonnes nouvelles attendues sur le front de la sécurité d’approvisionnement, la demande saisonnière d’essence liée à la période estivale, est de nature à soutenir les cours, souligne Blandine Ruty. « Pour que ça baisse vraiment et que ça dure, il faut libérer le détroit d’Ormuz », a souligné lundi sur CNews et Europe 1 le président du comité stratégique des centres E.
Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, qui remarque que concrètement, rien n’est encore fait. « Vers la fin de l’année, on pourrait se retrouver […] entre 60 et 70 dollars le baril », un niveau équivalent à celui d’avant la guerre, selon Philippe Chalmin. Prudent, il estime que cela sera possible « si l’accord est effectivement signé vendredi, si le détroit d’Ormuz est réouvert, etc.
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