Ils veulent débloquer la reprise de Fibre Excellence par Matthieu Pigasse: les présidents de régions et les syndicats demandent à Emmanuel Macron d'organiser une table ronde
Dans un courrier adressé au chef de l'État, les présidents des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur ainsi que les syndicats demandent en urgence une réunion pour dénouer la reprise du fabricant de pâte à papie

Emmanuel Macron est appelé à aider la reprise de Fibre Excellence. Vendredi, les présidents des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur, les secrétaires généraux de la CGT, CFDT et FO lui ont demandé d'organiser dès la semaine prochaine une table ronde afin de permettre l'aboutissement du projet de reprise du papetier. Dans un courrier adressé au chef de l'État, au Premier ministre et au ministre chargé de l'industrie , les signataires estiment que ce dossier constitue un "test majeur de la politique de réindustrialisation française".
"Compte tenu de l'urgence (... ), nous en appelons à votre autorité et vous demandons qu'une table ronde soit organisée dès la semaine prochaine, sous l'égide de la Présidence de la République, afin de permettre la levée des dernières clauses suspensives" pour la reprise du groupe papetier en redressement judiciaire. Le tribunal de commerce de Toulouse avait repoussé lundi au 27 juillet l'examen de l'offre de reprise de Fibre Excellence déposée par le financier Matthieu Pigasse, qui demande le soutien de l'État notamment pour garantir l'approvisionnement en bois.
"Encore possible de sauver 10. 000 emplois" "Toutes les attentes formulées par l'État ont été satisfaites", soutiennent les signataires, mentionnant l'engagement d'un "investisseur français de premier plan", "un business plan prudent et réaliste", la mobilisation d'investisseurs privés et l'engagement financier des régions. "Les organisations syndicales soutiennent le projet et une véritable stratégie industrielle de transformation a été construite", insistent-ils.
Ils rappellent par ailleurs que les dernières clauses suspensives à lever concernent précisément des sujets sur lesquels "l'État dispose des principaux leviers d'action", à savoir les quotas carbone, la valorisation de l'électricité produite et la sécurisation de l'approvisionnement en bois. "L'ensemble des acteurs privés, industriels, financiers et territoriaux a pris ses responsabilités. Les dernières décisions permettant la réussite du projet relèvent désormais principalement de la puissance publique", écrivent-ils, rappelant qu'"il est encore possible de sauver près de 10.
000 emplois, une filière stratégique et un projet exemplaire de réindustrialisation". Le courrier est signé conjointement par les présidents des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur Carole Delga et Renaud Muselier, ainsi que par les secrétaires généraux de la CFDT Marylise Léon, de FO Frédéric Souillot, et de la CGT Sophie Binet.