Finances publiques : Retraites, impôts, aides… Le plan costaud que l’OCDE réclame à la France
Pour éviter que la dette ne devienne un gouffre, l’organisme adresse une série de recommandations
C’est une alerte qu’a adressé l’OCDE à la France ce mardi. Pour l’Organisation de coopération et de développement économiques, notre pays doit opérer un redressement « important et durable » de ses finances publiques. Cela passe par une réduction des dépenses et une augmentation des recettes, afin de stabiliser la dette française.
« Le déficit budgétaire a continué de se creuser et la dette publique a augmenté régulièrement », indique l’OCDE dans une étude consacrée à la France. Deuxième économie de la zone euro derrière l’Allemagne, la France en est l’un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1 % du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2 %).
Ce niveau est trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l’Italie. La dette risque de se creuser Fin mars, la dette publique française atteignait 3. 536,1 milliards d’euros, représentant 117,5 % du produit intérieur brut (PIB), contre 115,7 % fin 2025 et environ 60 % en 2000, selon l’Institut national de la statistique (Insee).
Le ratio de dette risque de se dégrader davantage encore en raison de la hausse des taux d’intérêt, de celle des dépenses liées au vieillissement démographique, à la transition climatique et à la défense, prévient l’OCDE. « Les coûts d’emprunt figurent maintenant parmi les plus élevés de la zone euro. Si rien n’est fait, la dette publique pourrait atteindre 203 % du PIB d’ici 2050 », a prévenu le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, lors d’une conférence de presse.
A ses côtés, le ministre français de l’Economie, Roland Lescure, a indiqué que le redressement des finances publiques se poursuivrait dans le cadre de la préparation du budget 2027. Un comité d’alerte est prévu le 7 juillet. « Ce sera difficile.
On fait face à une montagne, mais on est convaincu qu’on va réussir à la franchir, à condition, évidemment […] que les groupes parlementaires présents à l’Assemblée fassent le choix du sérieux », a-t-il poursuivi. « Notre capacité collective à convaincre qu’on est capable d’être en dessous de 3 % [du PIB de déficit public] en 2029 doit rester une ancre clé de notre politique budgétaire », a-t-il ajouté. La « priorité », réduire les dépenses Pour l’OCDE, stabiliser la dette d’ici à 2030 requiert « en priorité » de réduire le niveau élevé de dépenses publiques, qui pesaient 57,2 % de la richesse nationale produite en 2025.
Ces dépenses peuvent gagner en efficacité. L’OCDE souligne par exemple que les dépenses de santé et d’éducation par habitant sont plus élevées en France que dans des pays affichant pourtant « de meilleures performances ». Elle plaide également pour que la réforme des retraites de 2023 soit relancée.
L’OCDE appelle également les pouvoirs publics à renforcer l’emploi et la productivité pour redynamiser une économie certes résiliente face aux crises, mais dont « les perspectives de croissance restent moroses sur fond d’incertitude politique exacerbée », à moins d’un an de l’élection présidentielle. Taxer le gazole à égalité avec l’essence Comme l’a repéré Le Monde, l’OCDE penche aussi pour une augmentation des recettes. L’organisme plaide ainsi pour une taxation égale du gazole et de l’essence, ou encore pour un « examen approfondi » des nombreuses niches fiscales et de leur efficacité.
Prévoyant une croissance du PIB de 0,7 % en 2026 et 0,8 % en 2027, après 0,9 % en 2025, l’OCDE note que depuis quinze ans, l’écart de PIB par habitant s’est creusé par rapport aux économies de l’OCDE aux revenus les plus élevés.