Vous appelez depuis l'étranger grâce à lui : ce groupe français discret veut devenir le maître aiguilleur des télécoms mondiales
PODCAST – Dans l’ombre des réseaux, Tofane iBASIS, fondé par Alexandre Pébereau, consolide le marché des télécommunications internationales à coups d’acquisitions. Un pari industriel qui mise sur les économies…
En 2018, après sept années passées chez Orange à structurer ses activités internationales, il lance Tofane Global. Son ambition : rassembler des activités de télécommunications souvent considérées comme secondaires par leurs propriétaires, mais dont la taille devient un avantage décisif lorsqu’elles sont regroupées. La plateforme iBASIS, acquise auprès de l’opérateur néerlandais KPN, constitue l’une des pierres angulaires de l'édifice. Le groupe a depuis poursuivi sa politique de croissance externe, notamment avec l’acquisition des activités internationales de Telstra, l’opérateur historique australien.
« Un indépendant est toujours plus souple qu’un grand groupe »
Diplômé de l'ESCP et de NYU, Alexandre Pébereau n'était pas forcément prédestiné à faire carrière dans l'industrie des télécoms. C’est au Maroc, en 2001, à l’occasion de la privatisation de Maroc Telecom, qu’il découvre les télécommunications. Il y observe la transformation d’une ancienne administration en entreprise cotée et mesure le potentiel de diffusion du téléphone mobile dans les économies émergentes.
De retour en France, il rejoint Orange et prend en charge ses activités internationales de gros. Il y apprend à intégrer des filiales, à migrer des infrastructures sensibles et à développer des services pour des clients répartis sur plusieurs continents. Mais il constate aussi les limites de ce métier dans un grand groupe. Les marges sont faibles, de l’ordre de quelques pour cent, et la rentabilité dépend largement des volumes. À ses yeux, les opérateurs indépendants, trop petits pour rivaliser seuls, constituent autant de cibles potentielles.
En regroupant leurs activités, il devient possible de mutualiser les infrastructures, les équipes techniques et les relations commerciales, tout en améliorant les coûts. Les vendeurs, eux, peuvent se délester d’activités peu rentables sans abandonner leurs clients. « Un indépendant est toujours plus souple qu’un grand groupe », souligne-t-il. La consolidation devient ainsi le moteur de Tofane.
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Une sensibilité stratégique des infrastructures
Derrière les équipements discrets installés dans les centres de données se cache un enjeu autrement plus sensible que le transport d’un appel. Les ingénieurs du groupe développent des logiciels et des algorithmes capables de convertir les signaux téléphoniques en données numériques et de sécuriser leur circulation. L’entreprise revendique une centaine de brevets internationaux, destinés à accompagner l’évolution des technologies, de la 2G à la 5G, en passant par la fibre et les communications satellitaires.
Dans un contexte de tensions géopolitiques, la robustesse de ces infrastructures est devenue un argument commercial. Les réseaux de télécommunications internationaux ont résisté à des attaques qui ont démoli des systèmes informatiques réputés inviolables. Cette sensibilité stratégique s’est manifestée pendant la pandémie de Covid-19. Alors que les déplacements internationaux étaient paralysés, les équipes de Tofane ont dû maintenir leurs opérations et assurer la continuité des services. Pour le fondateur, cette période a confirmé la capacité d’un opérateur indépendant à tenir son rang face aux filiales des grands groupes. Reste à composer avec le recul structurel de la téléphonie traditionnelle, notamment le trafic voix.
Pas encore recoupée
Seule la rédaction Challenges rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- Challenges1 nov., 18:00
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